Alexand. III, ep. 391 (24 avril 1166). Migne
3. « Verum de persona régis spéciale tibi mandatum non damus. » ep. 393 (février-mars 1166), ibid.
4. Thom. Gantuar. ep. 73 ad suffraganeos, Migne, t. 199. Joann. Sarisber, ep. 145, Migne, t. 199. Renier, Alexander, III, t. II, p. 295.300.
Placés entre Tobéissance qu'ils devaient au légat et le serment qu'ils avaient fait à Henri II, les évèques, avec l'assentiment du roi, appelèrent de ces sentences au pape. Dans une lettre qu'ils lui firent parvenir à ce sujet, ils s'efforçaient de justifier la conduite de ce prince, lequel, disaient-ils, « ne jugeait pas que la sécurité publique fut sufQsammeut garantie dans son royaume, si un clerc, coupable d'homicide, n'avait d'autre châtiment que d'être dépouillé de ses fonctions ecclésiastiques. De là un dissentiment que pouvait excuser chez l'archevêque de Cantorbéry le respect dos canons, mais que n'excusait pas moins chez le roi le désir de la paix et de la sûreté de ses États *. » Ils notifièrent également cet appel à l'archevêque, qu'ils exhortèrent, dans l'intérêt du pape et de l'Église, à suspendre ses rigueurs. « Si, par une suite de vos sévérités inconsidérées, le roi, à qui tant de peuples sont soumis, se retire de l'obédience du pape, vous regretterez trop tard un mal dont vous aurez été la cause ^. »
Ce n'étaient pas cette fois de vains avertissements. Dans le cours de cette même année 1160, Henri II, conlirmant les déclarations faites en son nom à la diète de Wurtzbourg, manda au chancelier de l'Empire, Rainald, que, mécontent du pape; il était enfin résolu à l'abandonner; que son intention était d'envoyer à Rome des députés, qui demanderaient à Alexandre et à ses cardinaux de casser les sentences de Thomas, d'appeler un autre prélat au siège de Cantorbéry et d'approuver en son intégrité l'écrit des coutumes. « Si Alexandre refuse de me satisfaire sur un seul de ces points, non seulement, avec mon clergé et mes barons, je me retirerai de son obédience, mais je le combattrai ouvertement, lui et les siens, et je chasserai de mes États ses partisans ^. »