Le 15 mai
SOUS lo nom de Guillaume ll,^ua fils encore mineur. Cette mort, qui privait Alexandre d*un précieux auxiliaire, semblait devoir faciliter à Tambitieux monarque la conquête du royaume de Sicile. Cette double circonstance lui fit hâter l'expédition qu'il avait décidée, et, aux approches de Tannée 1 1G7, il descendait en Italie *. Toutefois, avant de rien entreprendre en Sicile ou même en Lombardie, voulant enlever au pape l'appui des Grecs, il résolut de s'emparer d'Ancône qui leur donnait pied dans la péninsule; il résolut aussi de chasser de Rome Alexandre et d'y installer Pascal. Conformément à ce dessein, il ne fit que traverser la Haute Italie, gagna les côtes de l'Adriatique et alla mettre le siège devant Ancône, pendant que, sous la conduite du chancelier de l'Empire, Rainald, et de l'archevêque de Mayenco, Christian de Bucb, son chancelier d'Italie, il envoyait, par la Toscane, une partie de son armée contre Rome ^.
Les débuis de cotte expédition eurent un résultat à la fois plus favorable et plus prompt que Frédéric n'eût osé l'espérer. Les Romains, qui s'étaient portés en masse à la rencontre des deux chanceliers, et qui, par allusion à la dignité épiscopale dont ils étaient revêtus l'un et l'autre, disaient qu'on leur avait envoyé deux archevêques pour leur chanter la messe ', essuyèrent, aux environs de Tusculum, une telle défaite, que, selon le mot d'un chroniqueur, « on n'avait rien vu de semblable depuis la bataille de Cannes ^. » Repoussés en désordre, « égorgés comme des troupeaux ^ », laissant par milliers des morts dans la campagne*, ils ne revinrent qu'en petit nombre dans Rome, où ils répandirent TelTroi. A cette nouvelle, Frédéric, abandonnant le siège d'Ancône après un