‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 238 sur 357 · Watterich, ibid., p · texte numérisé non relu

Watterich, ibid., p

3. ce Dicehant quod pro rcdimendis ovibus suis domnas papa majora de* béret facere quam papatum reUnquere. » Watterich, ibid.

4. Watterich. ibid. — Otto de S. Blas. Chron. c. 20. — Annal* Colon, max. (Pertz. 8. t. XVII, p. 780.)

nat. A vrai dire, il no leur laissait que Tapparcnco de leurs libertés. De nouveaux sénateurs furent élus, qui devaient tenir désormais leur autorité de l'empereur ; le préfet de la ville fut réinstallé à titre d'oflîcier impérial, et lui-même, à l'exemple de ses anciens prédécesseurs, s'attribua la dénomination de patrice *. Devenu maître d'une cité que, dès le pontificat d'Adrien, il revendiquait comme la capitale de l'Empire, y ayant établi un pape qui lui était dévoué, et ne doutant pas de pouvoir étendre sous peu la puissance de ses armes sur la Sicile qu'affaiblissait une minorité, Frédéric semblait toucher au terme de son ambition.

Par un de ces événements qui déconcertent les combinaisons humaines, le moment qui semblait être celui de la plus haute fortune de Frédéric fut celui où en commença le déclin. Le lendemain du couronnement, des vapeurs pestilentielles s'exhalant de la campagne de Rome portaient la mort dans les rangs de Tarmée impériale, qui, en quelques jours, fut décimée. En même temps que périssaient en foule les hommes d'armes, des princes, des évêques et, parmi eux, le chancelier de l'Empire, Rainald, succombèrent. Vainement Frédéric, pour sauver le reste de son armée, quitta Rome en hâte et se dirigea vers le nord. Suivi par le fléau, il remplit les routes de ses morts ^. Il arriva enfin dans la Haute Italie. Mais les communes confédérées, qui, pendant que l'empereur était occupé sous Ancône, avaient accru leurs forces par Tadjonction de nouveaux alliés et aidé les Milanais à relever leurs murailles ', s'apprêtèrent à le combattre. Retiré dans Pavic qui lui était restée fidèle, et d'où il lança un édit par lequel il menaçait de châtiment les Lombards révoltés, Frédéric se vit sur lo point d'être assiégé et

1. Godefr. monacbi Annal, anno 1167. — AnnaL Colon, max, — Marang. Cronaca Pisana. Cf. GregoroTius, Storia di Roma, t. IV, p. 670, 671. — Zeller, Hîst. cTAUem. t. IV. p. 212.

2. Boson. Vila Alexand, Watterich,t. IL p. 408. — Otto de S. Bias. Chron. e. 20. — Otto Morena. — AnnaL Colon, max.

3. 27 avril 1167. Boson. Vita AUxand. Watterich, t II, p. 403.

de tomber aux mains des confédérés ^ Il dut s'abaisser à la ruse, feignit de vouloir renoncer au schisme et obtint une suspension d'armes, à la faveur de laquelle il gagna furtivement, et non sans péril pour sa vie, le Piémont, la Bourgogne, et rentra, au printemps de 1168, presque seul en Allemagne ^.

Dans ce coup subit qui frappait l'empereur, dans cette désastreuse retraite, on crut voir la main do Dieu s'appesantissant sur le persécuteur de TÉglise ; on compara sa chute à celle de Sennachérib ^ Frédéric ne se montra pas abattu. Lié par ses serments, lié surtout par son orgueil, il persista dans le schisme, non moins que dans les projets de conquête que le schisme servait à couvrir. Pascal, qu'il avait laissé en Italie, étant mort à Rome le 20 septembre 1168, il ne témoigna pas, même à ce moment, ces hésitations qu'il avait montrées à la mort de Victor. Les partisans de l'antipape avaient élu à Rome pour lui succéder, sous le nom de Calîxte III, Jean abbé de Strum en Hongrie et évèque intrus d'Albano *. Frédéric accepta Calixte, comme il avait accepté Pascal, et prétendit l'imposer également aux évoques de l'Empire. Mais, depuis qu'il avait quitté l'Italie, la ligue lombarde s'était encore fortifiée. Des Alpes aux Apennins, de Venise à Novare, toutes les villes de la Haute Italie, à l'exception de Pavie, faisaient maintenant partie de la confédération. A l'entrée de la Lombardio non loin de Montferrat, sur l'emplacement d'une ancienne forteresse dont ils avaient reculé les murailles, les confédérés venaient d'élever une nouvelle ville ', destinée à fermer de ce côté la route aux Allemands, et qui, en moins d'une année, compta quinze mille habitants. Donnant à celte ville improvisée le nom du pape,

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