‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 239 sur 357 · mai · texte numérisé non relu

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ennemi comme eux de Frédéric, ils l'appelèrent Alexandrie. Par un autre hommage rendu au chef de TÉglise, ses citoyens se déclarèrent vassaux de saint Pierre et adressèrent au pontife des députés chargés de lui promettre fidélité et de lui payer tribut ^ De la part des confédérés, c'était tout ensemble s'appuyer sur le saint-siège et s'unir à lui dans sa lutte contre l'Empire.

Frédéric perdait ainsi le fruit de ses victoires en Italie. N'y ayant plus guère, en dehors de Pavie, que le faible appui des Romains, qui, s'abusant sur les effets du traité qu'il avait conclu avec eux, se montraient alors hostiles à Alexandre ^, il jugea nécessaire de se rattacher plus étroitement l'Allemagne. Dans une diète qu'il réunit au mois d'avril H69 à Bamberg, il fit élire roi des Romains son fils Henri, âgé de quatre ans, qui fut depuis Henri VI ^ Ce ne fut pas toutefois sans difficulté qu'il obtint c^tte élection. Afin d'y amener la diète qu'il savait contraire à la continuation du schisme, il avait dû manifester lui-même des intentions de paix et annoncer l'envoi d'ambassadeurs vers Alexandre pour négocier quelque accommodement. Il ouvrit en effet des pourparlers avec le pape. Mais, par les conditions qu'il exigeait, on put voir combien peu ses intentions étaient sincères. En même temps qu'il demandait que les prélats schismatiques fussent maintenus dans leurs dignités, il voulait qu'Alexandre agréât pour futur empereur son fils Henri et lui fît donner l'onction royale par des évêques orthodoxes, promettant, à ce prix, l'obéissance du jeune roi au pontife; quant à lui, il prenait l'engagement de s'abstenir de toute acte d'hostilité envers la personne d'Alexandre, mais prétendait « n'être con-

1. Boson. Viia AUxand. Watterich, t. II, p. 409, 410. Voy. dans Murat. Antiq, ital. t. IV, p. 261, le texte d'un serment par lequel, eu décembre 1167. les citoyens des yilles confédérées avaient juré d*élre fid(^les à la ligue et de ne pas déposer les armes ayant d'avoir reconquis leurs anciennes libertés.

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