‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 248 sur 357 · iO avril · texte numérisé non relu

iO avril

3. « Non ab liomine, sed a Domino factum est istud, et est mirabilc quod senex presbyter et inermis furori theutonico potuit repugnare et sine beUo Imperatoris potenliam potuit dobelluic... Oblatam nobis imperatoris pacem recipere sine yobis nolumus, ut, sicut fuistis socii tribulationiS) parti* cipes sitis et gaudii. » Romuald. Salern. Chron,

à négocier tout ensemble avec le saint-siège, avec le roi de Sicile et avec les Lombards. C'était un premier pas vers la paix. On dut s'entendre alors sur le choix du lieu non encore désigné pour les conférences, et Ton décida qu'elles se tiendraient à Venise, où, la paix une fois signée, Tempereur serait admis en présence d'Alexandre *.

Malgré l'accord que semblaient annoncer ces arrangements préliminaires, la paix ne se conclut ni vite, ni aisément. Frédéric s'était rendu à Pomposa, puis à Cbioggia, à quelques lieues de Venise, pour suivre de près les négociations et vraisemblablement pour les diriger. Enfin, après de longs débats, dans lesquels il ne se désista que par degrés de ses anciennes prétentions, l'on s'arrêta de part et d'autre aux conditions suivantes. L'empereur promettait de renoncer au schisme, de reconnaître Alexandre comme pontife et de lui restituer, avec les domaines de l'Église dont il s'était emparé, la préfecture de Rome, c'est-à-dire le droit, revendiqué par lui en signe de suzeraineté, d'investir le préfet. C'était renoncer tout à la fois à ses entreprises sur Rome et sur la papauté. Il s'obligeait en outre, envers le roi de Sicile, à une paix de quinze ans, et, envers les Lombards, à une trêve de six années pendant laquelle il aviserait avec eux à un accord définitif. De son côté, Alexandre promettait d'absoudre Frédéric de l'excommunication, de reconnaître et de couronner son fils Henri comme roi des Romains, de confirmer dans leurs sièges, sauf quelques réserves, les prélats qui avaient pris part au schisme, et laissait à l'empereur, pour une période de quinze ans, les domaines de la comtesse Mathildc, qui feraient retour ensuite à l'Église romaine, sauf à déterminer par une convention particulière ce qui, dans ces domaines, appartenait au saint- siège ou à l'Empire. Il s'engageait enfin à réunir sous peu un concile général, dans lequel seraient effacées les dernières traces du schisme et menacés d'excommunication les violateurs de la paix *.

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