Bûson. Vita Alexand. ibid. p
loxandre et, par cette démarche, mettait fin à un schisme qui avait duré près de dix-huit ans ^
Alexandre sortait victorieux de ces deux longues querelles, dans lesquelles les deux souverains les plus puissants de l'Occident, Tempereur et le roi d'Angleterre, avaient tenté, à des titres divers, d'affaiblir la papauté. A l'époque déjà éloignée où s'était élevé le différend sur les investitures, elle avait triomphé de conflits plus redoutables. Mais alors elle luttait pour édifier son pouvoir, tandis que cette fois elle avait du lutter pour le défendre. Il y avait là un indice qui, pour échapper à l'attention des contemporains, n'en avait pas moins sa signification. La tentative de Frédéric et celle de Henri II étaient la première opposition faite par les souverains séculiers à un pouvoir établi et universellement reconnu, et comme un premier assaut qui ouvrait la voie à de nouvelles agressions. Encore n'était-ce pas à son seul ascendant que la cour de Rome devait d'avoir triomphé. La mort tragique de Thomas Becket avait hâté la soumission de Henri II, et l'effort armé des communes lombardes celle de Frédéric. Ce qui n'était pas moins grave, c'étaient les accusations dont, pendant les dix-huit années qui venaient de s'écouler et dès le pontificat d'Adrien, cette cour avait été l'objet. Dirigées contre son manque d'intégrité, contre son ambition, contre sa prudence même, elles durent laisser une trace durable dans la mémoire des peuples, et, si la papauté n'avait rien perdu de son apparente autorité, on ne pouvait méconnaître que, dans son action morale sur la société, elle n'eût été amoindrie.
La situation générale de l'Église s'était aussi ressentie de ce double conflit. Attaqué par les souverains séculiers, Alexandre avait été d'autant plus attentif à s'assurer, partout oii son action n'était pas contrariée par le schisme, la soumission du clergé. 11 ne s'était pas borné à intervenir dans les élections, nommant parfois de lui-même aux sièges épiscopaux* ;