‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 252 sur 357 · Romuald. Salem. Chron · texte numérisé non relu

Romuald. Salem. Chron

2. Pour ne citer qu'un fait, Alexandre nomma d'autorité le premier évô'

à plusieurs reprises, par des demandes ou par des injonctions adressées aux évêques, il avait disposé des prébendes de leurs diocèses en faveur do certains ecclésiastiques, inaugurant ainsi cet usage des recommandations et des mandats par lesquels la papauté allait s'emparer peu à peu des bénéOces mineurs*. Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, il avait cherché à attirer à lui toutes les affaires de PÉgliso. Bien qu'il n'ignorât pas les plaintes auxquelles donnait lieu la multiplicité des appels, et qu'il reconnût qu'ils avaient souvent pour effet de laisser impunis les délits ou les crimes, il avait ordonné à ses légats d'en maintenir le principe dans toute sa plénitude, parce que là, disait-il, était l'un des fondements les plus solides de la puissance du saint-siège 2. Do même, à l'exemple d'Innocent II et pour des raisons analogues, il avait prodigué les exemptions, les distinctions, les privilèges. Ces exemptions n'avaient pas seulement été accordées par lui à des monastères, mais à des églises particulières que, par une faveur spéciale, il avait affranchies de la juridiction épiscopale pour les soumettre à la juridiction directe du saint-siège.

II avait porté ainsi do nouveaux et plus profonds ébranlements à la constitution déjà si chancelante de l'Église. En 1175, Richard, archevêque de Cantorbéry, qui avait succédé à Thomas Beckot, écrivait à Alexandre au sujet des exemptions : « Ce mal s'étend très loin. Partout les abbés s'élèvent contre les évoques et les primats, et ils ne veulent souffrir aucun supérieur qui s'oppose à leurs désordres. Qu'est-ce, en réalité, qu'exempter les abbés de la juridiction des évêques, sinon armer les fils contre leurs pères et autoriser la révolte? Je sais que jadis les papes ont accordé la plupart de ces exemptions pour la paix des monastères et afin de les soustraire à la tyrannie des évêques. Mais le contraire est arrivé; car les

que d'Alexandrie; mais il écrivit au clergé de cette ville que cette nomination ne nuirait pas aux droits de leur église et qu'à l'avenir l'élection serait libre.

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