‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 26 sur 357 · Bonitho, 1. VI · texte numérisé non relu

Bonitho, 1. VI

rondîront pas moins de cent treize évoques, ainsi qu*un nombre considérable d'abbés, de prêtres et de clercs *. C'était le synode le plus important qui eût encore été réuni depuis que la papauté était entrée dans la voie des réformes. Dans cette assemblée, Nicolas II confirma ou étendit les décrets rendus par ses prédécesseurs pour l'amélioration des mœurs du clergé. Il interdit de nouveau aux ecclésiastiques l'usage des armes et le service militaire, décida que tous ceux qui s'étaient introduits dans les ordres par simonie seraient privés de leurs offices, et menaça d'excommunication les prêtres mariés ou concubinaîres; il est vrai que, pour ne pas discréditer l'épiscopat, il s'abstint d'étendre cette menace aux évoques, ce qui lui attira les vifs reproches de Pierre Damien, disant que, par ce silence, il encourageait des scandales dont le peuple était chaque jour le témoin indigné *. D'autres décrets furent encore publiés, qui déjà tendaient à dégager l'Eglise, par certains côtés, de la société laïque. Le pontife rappela que, d'après les canons, les clercs ne pouvaient être jugés par les sécuhers, et défendit au clergé do recevoir, à titre gratuit, non moins qu'à prix d'argent, aucun bénéiice de la main d'un laïque, préparant ainsi les mesures plus décisives qui devaient être adoptées plus tard sur les investitures '.

Dans ce même concile fut rendu le célèbre décret sur l'élection des papes. Ce décret, dont l'objet apparent était d'empêcher le retour de désordres semblables à ceux qui s'étaient produits à la mort d'Etienne IX, avait en réalité une tout autre portée. On y statuait qu'à l'avenir la désignation du nouveau pontife appartiendrait aux cardinaux, — évêques, prêtres ou diacres *, — qui, autant que le permettraient les

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