novembre
sio. Lors du mariage de Constance avec le fils de rerapercur, les barons et les prélats siciliens avaient juré de reconnaître ce prince pour héritier de la couronne *. Mais ils n'avaient prêté que par contrainte un serment qui les soumettait à un souverain étranger, et, à la mort de Guillaume, ils appelèrent au trône Tancrède, comte de Lecce, bâtard d'un fils de ce Roger II qui le premier avait porté le titre de roi de Sicile -. Clément III, qui vit dans cette élection un moyen d'enlever l'Italie méridionale à l'Empire, s'empressa de reconnaître le nouveau roi, qui fut couronné à Palerme '. Henri se trouvait à ce moment en Allemagne. Hardi, intrépide, ambitieux, avec moins de scrupules et plus de rudesse que son père, il avait épousé Constance, de dix ans plus âgée que lui, dans l'unique pensée* de régner par elle sur l'Italie méridionalt). Il se borna d'abord à envoyer quelques forces dans les environs de Naples. Quand il connut la mort de Frédéric, il se détermina à se rendre lui-même en Italie afin tout à la fois d'y recevoir la couronne impériale et d'y revendiquer ses droits au royaume de Sicile, et, sur la fin de l'anné^î H90, il franchissait les Alpes. Arrivé en Lombardie à la tête d'une armée que vinrent grossir des feudataires italiens et des milices communales, il envoya à Rome des députés se concerter avec le pape et les sénateurs au sujet de son couronnement. II entra ensuite en Toscane, et, après avoir obtenu des villes de Pise et de Gênes le secours de leurs flottes contre la Sicile, il se dirigea vers l'État ecclésiastique *.
Un nouveau pape, Célestin III, venait alors de succéder à Clément. Élu le 30 mars 1191, il était l'un des membres les plus âgés du sacré collège. D'un caractère faible et irrésolu, il sentait néanmoins que, dans l'intérêt du saint-siège, il devait soutenir au sud de l'Italie le roi reconnu par le défunt