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pape que leur maître viendrait sous peu à Rome pour y ceindre le diadème *. Ni ces démarches, ni Textrémité à laquelle Otton semblait réduit, n'avaient modifié les résolutions d'Innocent à regard de ce prince. Il avait fait entendre aux ambassadeurs du duc de Souabo que c'était au saint-siège de prononcer entre les deux rivaux. « Chaque roi a son royaume, avait-il dit, mais Pierre a la prééminence sur tous, étant le vicaire de Celui qui gouverne le monde et tous ceux qui l'habitent 2 ; » et il avait ajouté qu'à l'Église romaine appartenait « en principe et en fait » la solution du différend qui divisait l'Allemagne; en principe, puisqu'elle avait transféré l'Empire en Occident ; en fait, puisqu'elle donnait la couronne impériale ^ Il avait répondu également et en termes plus explicites au message des partisans de Philippe et leur avait mandé que, conférant la couronne, c'était à lui d'appeler à Rome celui des deux élus qui devait la recevoir; qu'il s'était déjà enquis des droits de l'un et de l'autre, et qu'il s'arrêterait au choix qui lui paraîtrait le plus convenable pour la gloire de Dieu, la dignité du saint-siège et l'utilité de l'Empire ^.
Il s'était décidé enfin à avouer publiquement ses préférences, et, au mois de décembre 1200, ouvrant avec ses cardinaux une délibération au sujet de la succession à l'Empire, avait fait dresser un acte qui en contenait les conclusions ^ Dans cet acte, où les considérations politiques tenaient une plus grande place que les considérations religieuses. Innocent commençait par exclure la personne du fils de Henri VI; non, y disait il, que son élection comme roi des Romains ne lui donnât des droits à l'Empire, mais parce que, sans parler de son âge qui