‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 310 sur 357 · Ep. VL 142 à 144; VU · texte numérisé non relu

Ep. VL 142 à 144; VU

lottrc qu'à cette occasion il adressait aux peuples de ces contrées : « La plus grande partie deTEmpire grec, écrivait-il, et presque toute TÉglise de ce nom s*étant ralliées aujourd'hui au siège apostolique, il serait surprenant que la Russie seule en restât détachée. Croyez que, si Dieu a permis la ruine de do Constantinople, c'était pour punir de sa désobéissance cette cité schismatiquo, et afin qu'elle reconnût dans son malheur les vérités qu'elle avait repoussées aux jours de sa prospérité *. »

Diverses circonstances étendaient, dans le même temps, l'influence du saint-siège sur d'autres points de l'Europe. Depuis que, cédant devant les violences populaires, Innocent s'était éloigné de Rome, cette ville, agitée par les factions, avait été en proie à de tels désordres, qu'après une année d'absence, le peuple l'avait rappelé, et, renonçant à maintenir l'ancienne constitution du sénat pour n'obéir, comme auparavant, qu'à un sénateur unique, reconnaissait de nouveau au pontife le droit de le désigner*. A peine était-il rentré dans la capitale de la catholicité, qu'il y recevait d'un des souverains de l'Occident une marque éclatante de soumission. Au mois de novembre 1204, Pierre, roi d'Aragon, se présentait à Rome, accompagné des principaux seigneurs de son royaume, pour se faire couronner de la main d'Innocent. Après avoir reçu du pape, dans l'église Saint-Pancrace, les insignes de la royauté, il se rendit en pompe à la basilique de Saint-Pierre, et là, déposant sur le maître-autel son sceptre et sa couronne, se déclara vassal de l'Église romaine, envers laquelle il s'obligea, par un écrit scellé de son sceau, à un cens annuel de deux cent cinquante maccmutines d'or ^. Vers la même date. Innocent, alléguant les droits de suzeraineté que, depuis Grégoire VII, les papes n'avaient cessé de revendiquer

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