‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 312 sur 357 · Ep. IX · texte numérisé non relu

Ep. IX

4. Ep. VII, 76. Cf. ep. VI, 242. 243. — Schmidt, Hist. des AlOig., l. I, p. 204, 205.

qu'il réitérait aux prélats et aux seigneurs de ces contrées rinjonction expresse d'obéir aux délégués apostoliques *, il demanda au roi de France de les assister dans raccomplissoment de leur mission. « Il convient que les deux puissances s'unissent pour la défense de la foi, lui écrivait-il, en sorte que ceux que les sévérités ecclésiastiques ne suffisent pas à faire rentrer dans la droite voie y soient ramenés par le l)ras séculier*. » En février 1205, il renouvelait auprès de Philippe Auguste, en termes plus précis, les mêmes exhortations. Alléguant que ce serait paraître porter en vain le glaive, s'il n'en faisait usage pour le service de Dieu : « Armez-vous contre les ennemis de la foi, lui disait-il; usez de votre puissance pour contraindre les comtes et les barons de ces provinces à les chasser de leurs possessions, et, si ces seigneurs refusent de sévir, n'hésitez pas à confisquer ces possessions au profit de votre domaine royal. Avec la gloire temporelle que vous apportera cette entreprise, nous vous promettons les indulgences accordées à ceux qui combattent les Infidèles.^ » Jusqu'alors Innocent s'était borné à exiger l'exécution du décret de Vérone. Cette fois, ces rigueurs ne lui semblaient plus suffisantes et il appelait la guerre.

A quelques extrémités que, par ces nouvelles dispositions, Innocent se montrât résolu pour vaincre l'hérésie, c'était vers TAllemagne que se dirigeaient plus particulièrement ses préoccupations. Malgré ses eflbrts, il n'avait pu encore y faire prédominer Olton. Il l'avait toutefois mis en situation do lutter contre son rival. Il avait obtenu pour lui l'appui du roi d'Angleterre *, avait détourné l'hostilité du roi de France, et, par ses démarches répétées auprès des princes et des évoques de TEmpire, se portant garant envers les uns des futures libéralités d'Otton, menaçant ou frappant les autres de peines

l.lEp. VII, 77 (mai 1204).

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