‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 313 sur 357 · Reg, imper, ep · texte numérisé non relu

Reg, imper, ep

ecclésiastiques, avait su rallier au protégé du saint-siège plusieurs des partisans les plus considérables du duc de Souabe *. Une défaite que Philippe avait essuyée en Thuringe * avait même un moment fait croire à Otton qu'il allait triompher. Dans une lettre qu'aux approches de Tannée 1204 il écrivait à Innocent, il annonçait qu'il avait déjà pour lui le roi de Bohême, le landgrave de Thuringe, le margrave de Moravie ; que, sous peu, il devait recevoir Thommage des ducs d'Autriche et de Bavière, et que dès lors tout serait terminé. « Après Dieu, ajoutait-il, c'est à vous, ô saint Père, que je dois tout ; sans vous, sans votre constante faveur et votre inébranlable sollicitude, mes espérances n'eussent été que cendre et mes projets fussent tombés en poussière ; jusqu'à ma dernière heure, vos bienfaits seront sans cesse présents devant mes yeux ^. »

La confiance témoignée par Otton dans l'issue de cette longue lutte semblait alors partagée par le pontife *. Mais Innocent, comme Otton, se faisait illusion. Le sort dos armes fut de nouveau favorable à Philippe, et, moins d'une année après qu'Otton pensait toucher au terme de ses vœux, le succès de sa cause était devenu encore une fois incertain. Philippe sut même amener à ses intérêts, moyennant un don de cinq mille marcs, l'archevêque de Cologne ; et, au mois de janvier 1205, on vit cet archevêque, qui le premier avait choisi Otton, qui avait sollicité pour lui le secours du saintsiège, qui, dans sa propre église à Cologne, avait été présent aux menaces d'excommunication prononcées par le légat contre les adversaires de ce prince, couronner publiquement Philippe à Aix la-Chapelle. Vainement le pape lanija-t-il contre le prélal les foudres apostoliques et ordonna-t-il au chapitre de l'église de Cologne d'élire un autre pasteur *. A

. i. Beg. imper, ep. 69 à 75; 91 à 102.

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