‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 316 sur 357 · Ibid, ep. 142 (Processus legatorunt apostolicsB sedis · texte numérisé non relu

Ibid, ep. 142 (Processus legatorunt apostolicsB sedis

4. Chcrrier, HisU de la lutte des papes et des empereurs, t.^, p. 410.

Us revinrent à Rome communiquer ces propositions au pape, qui, tout en regrettant l'abandon de ses anciens projets, y donna son adhésion. S'il n'avait pu, selon ses vœux, enlever l'Empire aux Hohenstaufen, du moins avait-il réussi à maintenir la Sicile séparée de TEmpire. Le neveu de Philippe, Frédéric II, approchait alors de sa majorité et était sur le point d'épouser Constance, sœur de Pierre, roi d'Aragon. Par Tordre d'Innocent, les légats reprirent le chemin de rAllcmagne pour conclure la paix sur les bases qu'il avait acceptées. Mais les délégués apostoliques n'avaient pas encore passé les Alpes, lorsque se répandait en Italie la nouvelle d'un événement qui allait tout d'un coup changer la situation. Le 21 juin 1208, quelques jours avant l'expiration de la trêve, Philippe, se trouvant à Bamberg dans le palais épiscopal, y avait été assassiné de la main du comte palatin de Bavière *.

Ce meurtre, dont on doit dire qu'Otton était innocent et qui fut sans doute l'œuvre d'une vengeance particulière, en déconcertant les partisans du duc de Souabe, rendit le duc de Brunswick à toutes ses espérances. « Achevez votre ouvrage, écrivait-il au pontife; ce que j'ai été, ce que je suis à Cette heure, je le dois à votre munificence; je veux vous devoir tout ce que je puis être encore ^. » Innocent avait devancé sa prière. En apprenant la mort do Philippe, il avait aussitôt écrit à tous les princes de l'Empire, leur défendant, sous peine d'anathème, de procéder à l'élection d'un nouveau roi des Romains, et leur enjoignant de se rallier à Otton que Dieu même avait désigné à leur choix en frappant son rival ^. Ces démarches étaient superflues. Princes etévêques, si justement comparés par le pape au roseau de l'Ecriture, s'étaient hâtés d'assurer Otton de leur dévouement. Le roi de France, Phi-

1. On trouvera le récit détaillé de cet événement dans une lettre adressée au pape par les légats. Reg. imper. Ep. 152. Cf. Arn. Lubec. 1. VII, c. 42.

2. tt Quod hactenus fuimus, quod sumus aut erimus,... totum vobis post Deum debentes. » Reg, imper, ep. 160.

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