Reff. imper, ep
siège. Le pape se prévalut de ces témoignages pour envoyer une seconde fois, au printemps de 1206, le patriarche d'Aquilée en Allemagne, avec mission de préparer les voies à une trêve entre Philippe et Otton *. Les conditions stipulées par le patriarche n'étaient sans doute pas de nature à satisfaire Philippe, car il ne consentit pas à la trêve. Peu après, de nouveaux succès militaires achevaient de rendre ce prince maître de toute l'étendue de l'Allemagne, et Otton, qui avait failli tomber aux mains de son rival, se voyait réduit à ses domaines héréditaires. Dès lors, convaincu de l'inutilité de continuer la lutte, le pape n*hésita plus et députa vprs Philippe deux de ses cardinaux, auxquels il donna plein pouvoir sur les moyens de rétablir la paix ^
Arrivés en Allemagne au mois d'août 1207, les légats allèrent à Spire trouver Philippe, et, conformément à leurs instructions, après avoir reçu de ce prince le serment de réparer ses torts envers l'Église romaine, le relevèrent de l'excommunication. Ils obtinrent en outre qu'il licenciât l'armée avec laquelle il se proposait de poursuivre Otton jusque dans ses domaines, et le firent consentir à une trêve dont l'expiration devait avoir lieu à la Saint- Jean prochaine^. Mais, par ces premiers résultats, les légats n'avaient rempli qu'une partie de leur mission, et il leur fallait régler encore la question de la couronne. Après de nombreux pourparlers soit avec Otton, soit avec Philippe, pourparlers qui occupèrent toute la fin de l'année 1207 et les premiers mois de. Tannée suivante, ils s'arrêtèrent à des propositions qui leur semblaient le mieux concilier les prétentions des deux rivaux; c'était que Philippe accordât sa fille aînée, Béatrix, en mariage à Otton, à qui elle apporterait en dot le duché de Souabe, Otton s'engageant, de son côté, à renoncer à la dignité impériale et à reconnaître Philippe comme souverain ^.
i. Reg, imper, ep. 137, 138.