INNOCENT III
Quelques mois avant la mort de Philippe de Souabe, et quand avaient été arrêtées par les légats du saint-siège les conditions du traité qui, en reconnaissant ce prince pour roi dos Romains, devait rétablir l'accord entre la cour de Rome et l'Allemagne, Innocent avait résolu d'en finir avec l'hérésie. C'était en quelque sorte le dernier adversaire qu'il eût à combattre; c'était aussi le plus redoutable. Dominante dans les provinces du midi de la France, qui étaient alors les contrées les plus civilisées de l'Europe, et déjà puissante en Italie, l'hérésie cathare ou albigeoise n'avait pas seulement poussé ses ramifications en Allemagne et en Flandre; elle avait pénétré en Espagne, en Sicile, et gagné jusqu'aux pays slaves *. Depuis les temps éloignés où ces hérétiques avaient commencé d'éveiller l'attention du saint-siège, leurs doctrines,