Schmidt, fHsL des Albig. t. I, p
le zèle farouche des orthodoxes, il leur mandait de redoubler d'ardeur pour que « l'hydre de Thorésie » fût entièrement anéantie *. Ce n'était là en effet que le début de cette guerre d'extermination; et, bien que le comte de Toulouse eiit fait sa paix avec TÉglise, Tabbé Arnauld, prétextant que ce prince n'avait pas, selon ses engagements, chassé les hérétiques de ses États, tourna dès lors contre lui les efforts des croisés ^
Tandis que, sous la conduite de Simon de Montfort, accepté désormais comme le chef militaire de la croisade, les orthodoxes envahissaient les domaines du comte de Toulouse, où les populations, se soulevant à l'appel de Ilaimond, allaient leur opposer cotte fois do plus fortes et de plus longues résistances, des événements inattendus se passaient en Italie. Au mois d'octobre 1209, Otton était enfin venu à Rome recevoir cette couronne impériale qu'il avait si longtemps et si ardemment convoitée et que le pape, avec non moins de persévérance et de zèle, avait cherché à lui assurer. L'avènement de ce prince, après la mort d'un rival dont la (ille Béatrix, avec l'approbation des grands de l'Empire, était devenue sa fiancée, avait paru, en Italie comme en Allemagne, ouvrir une ère de conciliation et de paix ^ ; et, quand Otton s'était préparé à passer les Alpes, toutes les villes de Lombardle lui avaient envoyé des députés avec des présents et les clefs d'or de leurs portes *. Pavie, Crémone, Parme, Vérone, qui, attachées par tradition aux Uohenslaufen, avaient désiré le triomphe de Philippe do Souabe, aussi bien que Milan et les autres villes de l'ancienne ligue lombarde qui, par des sentiments contraires, avaient fait des vœux pour son compétiteur, s'étaient rencontrées dans cet hommage. Lui-même, comme pour témoigner de la complète union établie désormais entre le sa-