‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 44 sur 357 · Ep. I · texte numérisé non relu

Ep. I

en Allemagne, convoquait un concile à Rome pour le commencement du carême de 1074 et annonçait le dessein d*en tenir un tous les ans à cette date^ Portant son attention jusqu'aux extrémités de l'Europe, il écrivait à Michel, empereur de Constantinople, en vue de mettre fin au schisme qui séparait l'Église grecque de TÉglise romaine^. Dès ses premières lettres, il ne craignait pas de déclarer qu'il avait reçu de Dieu, comme successeur de Pierre, la direction de toutes les églises, et que Rome était à la fois mère et souveraine de la chrétienté'. Il déclarait également à quelle iin ce pouvoir lui avait été remis. a Do ce lieu où j'ai été placé, mandait-il aux peuples de Lombardie, il me faut, que je le veuille ou non, annoncer à toutes les nations la vérité et la justice et obéir au Seigneur qui a dit : Crie sans iin, sans repos, et dis aux hommes tous leurs crimes; si tu laisses un seul méchant dans son iniquité, c'est à toi que je demanderai compte de son âme*. »

Par une hardiesse qui indiquait la fermeté de ses résolu* tions et comme s'il eût voulu en donner sur-le-champ un public témoignage, ce fut à l'adversaire qu'il avait le plus à craindre, à Henri IV, qu'il s'adressa d'abord. Dès le 6 mai 1073, il annonçait l'envoi en Allemagne de pieux personnages, chargés de rappeler ce prince à ses devoirs envers l'Église et de le préparer à recevoir dignement les insignes de l'Empire •. « Que s'il méprise nos avis, écrivait-il à la marquise de Toscane, Béatrice, alors veuve de Gottfried, nous ne fléchirons pas; et, dans son intérêt comme dans le nôtre, nous sommes décidé à défendre contre lui la vérité jusqu'à la mort, plutôt que de nous perdre avec lui en tolérant ses iniquités •. » Ces paroles étaient menaçantes, et l'on pouvait, de la part de Henri IV, s'attendre à quelque éclat. Mais, dans le moment où le monarque reçut les nonces du pontife, il se trouvait aux prises

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