‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 45 sur 357 · Ep · texte numérisé non relu

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avec les Saxons, et la même prudence qui l'avait porté à reconnaître Grégoire lui conseilla une réponse empreinte de soumission. Dans cette réponse, il confessait avoir abusé de son pouvoir, livré à prix d'argent les sièges ecclésiastiques à des hommes indignes de les occuper, et promettait de se conduire désormais en fils dévoué de TÉglise*. Etonné lui-même d'une telle condescendance : « Dieu est avec nous, s*écriait Grégoire; il bénit nos projets* ».

Tranquille pour le moment sur les dispositions de Henri IV, Grégoire se donna dès lors tout entier à l'œuvre qu'il était résolu d'accomplir. Toutefois, on prévision des hostilités qu'il s'attendait à soulever, il s'assura, par de nouveaux engagements, de la fidélité des princes normands d'Italie ^ et, si Ton en croit certaines assertions, chercha également à raffermir, dans les domaines recouvrés par le saint-siège, son autorité temporelle *. On eût dit qu'à cette heure il voulût tout entreprendre, tout embrasser à la fois. La pensée de réformer le clergé, de discipliner tout ensemble la société civile et l'Église ne paraissait pas suffire à son zèle. Il méditait de relever l'Église d'Afrique ^ de rendre à la religion du Christ son ancien empire. Il voulait se mettre à la tête d'une expédition pour aller secourir Constantinople que menaçaient les Infidèles et de là se porter, à travers l'Asie, jusqu'à Jérusalem. Il écrivait, dans ce but, à l'empereur Michel, à Henri IV, adressait, à deux fois, un appel aux chrétiens*. Tout en s'apprêtant à une expédition que les circonstances devaient l'empêcher d'accomplir et dont l'idée était déjà celle des croisades, il reprenait l'ouvrage de la réforme du clergé. Au premier concile qu'il tenait à Rome en 1074, il déclarait incapables du sacré ministère, à tous les de-

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