Baron, anno 1076, n» 66. Cf. ep. VII
5. Ep. I, 7 (cf. IV, 28); H, 13, 70, 75. — Cf. Baron, anno 1062, n« 109.
des Césars, et les pontifes de Rome ont dominé sur plus d'États que n*en ont jamais possédé les empereurs K »
Par ses premiers actes, par ses premières déclarations, Grégoire s'annonçait ainsi comme le maître des évêques et des rois. Dès 1075, on trouve consignée cette double prétention dans les célèbres Diciatus *, qui, s'ils ne sont pas l'œuvre personnelle de Grégoire, sont du moins l'expression de sa pensée, et dont les principes dirigèrent tout son pontificat. Dans cet écrit, il est dit qu'au pontife de Rome seul il appartient de se qualifier d' « universel »; qu'il peut, selon la nécessité, déplacer, suspendre ou déposer les évêques; que de lui les conciles reçoivent leur autorité; qu'il juge et ne peut être jugé; que toute sentence doit être suspendue à l'égard de celui, quel qu'il soit, qui appelle à sa justice; qu'il peut également déposer les rois, délier leurs vassaux et leurs sujets de leur serment de fidélité; que seul enfin il a le droit incontestable de revêtir les insignes impériaux et que tous les princes sont tenus de lui baiser les pieds '.
Dans l'état de l'Europe, alors que si longtemps la société civile et l'Église avaient été livrées à l'arbitraire des souverains séculiers, il était difficile que des prétentions aussi hardies et qui devaient paraître nouvelles ne fissent pas naître un confiit. Il éclata du côté de l'Allemagne. Aspirant, comme ses devanciers, à « recommencer Charlemagne * » et à dominer l'Europe, et se croyant en droit, à leur exemple, de disposer des dignités de l'Église et de tenir dans sa dépendance la papauté elle-même, Henri IV devait se sentir particulièrement offensé des audaces de Grégoire. Tant qu'il s'était vu aux prises avec les Saxons, il avait contenu son ressentiment. Devenu maître