Lamberti Annal, anno
4. On n'a aucune preuve positive que Henri IV ait connu d'avance et encouragé, comme on Ta prétendu, l'attentat commis à Rome par Gencio sur la personne de Grégoire dans la nuit de Noël 1075, et qui ne parait avoir été qu'une vengeance particulière. Voy. Delarc, ouvr. cité» t. UI, p. 189.
5. Un ennemi de Grégoire. Gui, évéque de Ferrare, lui adresse le même reproche. « Décret! hujus constitutione neglectà et non expectato régis assensu, mentem ad apostolatum Ildebrandus intendit. >» WIdo Ferrar. epise. Descismale Hildebrandi,!. II,
criminait jusqu'à ses mœurs; après quoi, ajoutant qu'il y avait péril pour la foi à laisser plus longtemps l'Église à la garde de ce « loup dévorant, » on le déclarait déchu du pontificat *. Cette sentence, souscrite, non il est vrai sans contrainte^, par les prélats du concile et envoyée ensuite à l'adhésion des évéques lombards ^ fut portée à Grégoire avec une lettre outrageante que lui adressait le monarque^. Le pape la reçut dans le moment où il célébrait à Rome la première session de son synode. Sa réponse fut telle qu'on devait l'attendre de sa fermeté. Le lendemain, en plein synode, il suspendait de leurs fonctions les évêques allemands et lombards qui avaient souscrit la sentence, frappait Henri d'excommunication, le déclarait, au nom de l'Apôtre, destitué des gouvernements d'Allemagne et d'Italie, et déliait ses vassaux et ses sujets de leur serment de fidélité *.
Rarement plus grand événement tint le monde en suspens*. Qui allait céder? L'héritier des Césars ou le successeur de l'Apôtre? Celui qui commandait avec l'épée et représentait dans ce siècle de fer la violence et l'oppression, ou celui qui, au nom de la loi divine dont il se disait le dépositaire, prétendait adoucir et régler ces sociétés troublées ? En Italie, en Allemagne, les esprits étaient partagés sur la légitimité de l'acte que Grégoire venait d'accomplir ^. On avait vu, à l'instigation ou sur l'ordre des empereurs, des conciles déposer des pontifes; mais c'était la première fois qu'un pape, de sa propre autorité, déposait un souverain. Dans une lettre rendue publique et adressée à Hermann, évéque de Metz, Grégoire s'attacha à réfuter les objections de ceux qui lui contestaient le droit de juger et de châtier les rois. « Si