‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 7 sur 357 · Hist. litiér. t. VII, p. 5 et ss · texte numérisé non relu

Hist. litiér. t. VII, p. 5 et ss

près dignités, ils livraient au même prix les offices de leurs sièges *. Imitant sur un autre point les mœurs des séculiers, le clergé ne gardait qu'imparfaitement la loi du célibat. Nombre de prêtres et des évoques même se mariaient publiquement. Selon toute apparence , les prélats de la Lombardie, allemands pour la plupart, étaient alors mariés *. La femme d'un évêque avait son nom, episcopissa , comme celle du prêtre avait le s\Qïi,presbytera, Quelquefois des évoques léguaient à leurs fils les biens de leur évêché, sinon l'évêché lui-même '. De leur côté, les prêtres mariés transmettaient à leurs enfants leurs propres bénéfices *. Ainsi qu'il était arrivé des offices séculiers, les offices ecclésiastiques semblaient sur le point de devenir héréditaires et de constituer un privilège de la naissance, au lieu de demeurer, selon les pures traditions de l'Église, celui du mérite ou de la vertu ^

Étrangers par vœu à ce monde de violences, les monastères étaient l'unique asile où parût se conserver, avec l'esprit chrétien, le respect des canons. Encore n'étaient-ils pas tous exempts de la contagion du siècle. A la tête de plus d'une communauté, on voyait des abbés qui, gardant l'état laïque, vivaient, à la manière des barons féodaux, avec leurs femmes, leurs enfants, leurs hommes d'armes et leurs meutes*. Dans

1. Pierre Damiea écrivait en 1047 que le venin de la simonie avait gagné tout l'occident de l'Europe. Ep. apud Baron, anno 1047, n» 1.

2. Murât, rer, itaL t. IV, p. 122. — Zeller, p. 116. Hors de doute en ce qui concerne les prêtres de la Lombardie, le fait a été contesté en ce qui regarde les évoques de cette contrée (Pagii not. apud Baron, anno 1045.) Le concubinat des prélats lombards, sinon le mariage proprement dit, est au reste signalé expressément par les textes. Il est superflu d'ajouter que ces mariages, faits par contrats privés, n'avaient pas la consécration de l'Église. Pour les mœurs du clergé dans les autres parties de l'Occident, voy. Pagii not. ibid. anno 1052.

3. Hist, littér. t. VII, p. 6. -- Pour des faits semblables au temps de Grégoire VII, voy. Monum, gi^gor. ep. II, 10 ; ep. coll. 16.

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