‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 80 sur 357 · Bernold. anno · texte numérisé non relu

Bernold. anno

qui so tournait vers son fils, réduit bientôt à quelques serviteurs, et découragé au point de vouloir se percer de son épée, il alla s'enfermer dans la ville encore fidèle do Vérone, oii Tantipape, qui ne se soutenait que par lui, ne tarda pas à le rejoindre K Urbain, délivré de ses ennemis par ces événements précipités, dans lesquels les orthodoxes crurent voir un effet de Tintorvention divine, reprit la route de Rome. Il y ontra sur la fin de novembre 1093, et, au milieu des Romains étonnés ^et déjà presque soumis, célébrait on grande pompe les fêtes de Noël 2.

Tout en s'éloignantde Rome, Guibert y avait laissédes partisans qui occupaient encore, avec le palais de Latran et le château Saint-Ange, quelques autres points fortifiés do la ville ^ Sans avoir besoin do recourir à la force, Urbain, quatre mois après son retour, réussissait à se faire livrer le palais de Latran, où il établissait sa résidence *. Mais ce qui importait plus au succès de sa cause que l'entière possession de Rome, c'était Taccroissement d'influence que ces événements lui donnèrent comme tout d'un coup en Europe. Nombre de prélats d'au delà les Alpes lui écrivirent pour le féliciter de la victoire qu'il avait obtenue sur les ennemis de l'Église. « Après avoir traversé tant d'orages, lui écrivait Yves de Chartres, la barque do saint Pierre est enfin, sous votre conduite, presque parvenue au port; nous prions Dieu qu'il achève l'œuvre heureuse dont il a voulu vous accorder la gloire ^ »Les légats du saint-siège devinrent aussi plus hardis. En Allemagne, dans un synode, que vers la Pâques de i094, présida, au nom du pontife, l'évéque de Constance, Gebhard, et auquel se rendirent, avec nombre d'abbés et de

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