‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 85 sur 357 · Eadmer. Hist. novor. 1. II, Migne, t. 159, p · texte numérisé non relu

Eadmer. Hist. novor. 1. II, Migne, t. 159, p

ce concile comme le tuteur de la catholicité. La Trêve de Dieu, qui prohibait les « guerres privées » pondant certains jours de la semaine et qui n*avait été observée que dans quelques provinces, fut rendue par lui obligatoire pour tous les États chrétiens. Il fit plus ; il en étendit les bienfaits, en augmentant le nombre de jours auxquels elle devait être respectée * et en la déclarant applicable en tout temps aux clercs, aux moines et aux femmes. Il décida que non seulement les églises, mais les croix plantjées sur les chemins seraient désormais un asile contre la violence. C'est ainsi qu'en se faisant le promoteur de la paix et le protecteur des faibles, le saint-siège agrandissait son rôle et augmentait son ascendant. S'adressant dans ce concile aux évêques assemblés, Urbain les rappela avec force aux devoirs que leur imposait leur ministère : « On vous nomme pasteurs, s'écria-t-il, parce que c'est à vous qu'a été confié le troupeau du Seigneur; montrez-vous dignes de ce titre, et que le monde apprenne à vous connaître par l'exemple de vos vertus ^ ! »

Un événement a surtout rendu célèbre cette assemblée de Clermont. C'est de là qu'est parti l'élan qui donna lieu au grand mouvement des croisades. Étendant un projet jadis conçu par Grégoire, Urbain se détermina alors à une entreprise dont la pensée lui avait été suggérée par la récente invasion des Almoravides en Espagne, et à laquelle acheva sans doute de le décider la démarche faite par l'empereur Alexis Comnène au concile de Plaisance ^ Tandis que jus-

1. La Trêve de Dieu avait dû jusqu'alors être observée du mercredi soir au lundi matin. Urbain voulut qu'elle le fût en outre depuis l'Avent jusqu'à l'octave de l'Epiphanie et depuis le dimanche de la Septuagésime jusqu'à l'octave de la Pentecôte.

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