‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 86 sur 357 · Duchesne, Scripior. Franc, t. IV, p · texte numérisé non relu

Duchesne, Scripior. Franc, t. IV, p

3. Cette invasion des Almoravides est indiquée expressément par un chroniqueur comme une des causes de la croisade : « (Urbanus)... multo propensius generali christianitatis periculo; Saracenorum namque irruptionibus Hispanias audiebat sœpissime conturbari. » Guib. de Nov. 1. II, c. 1. Un autre écrivain du même temps (Pandulphe d'Alatri, vers 1124) rattache, d'une manière non moins positive, l'entreprise d'Urbain au dessein analogue déjà conçu par Grégoire : (c Audierat ipse (Urbanus) Gregorium predicasse ultramontanis Hierosolymam pro defensione Christian se

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qu'ici Ton s'était borné à repousser les Sarrazins de leurs possessions d'Europe, il résolut de les attaquer au cœur même do leurs possessions d'Asie et d'entraîner à cette guerre les peuples de l'Occident, en proposant à leur zèle le recouvrement de la Terre sainte. Ce dessein fut exposé par lui au concile de Clermont. Les plaintes des chrétiens de Syrie sur les persécutions dont ils étaient l'objet de la part des Infidèles, plaintes devenues fréquentes en ces dernières années et qui avaient retenti jusqu'en France, lui furent un moyen de toucher l'assemblée. Il trouva des paroles émues, do saisissantes images pour décrire les souffrances endurées par les croyants d'outre-mer, les insultes faites chaque jour au tombeau du Sauveur. Il montra la ville sainte devenue l'esclave des impies et attendant sa délivrance du courage de ses fils. Quand enfin il demanda à ceux qui l'écoutaient de tourner contre les ennemis du Christ les armes que jusqu'alors ils avaient trop souvent dirigées les uns contre les autres, ce fut par le cri unanime de Dieu le veut qu'on répondit au pontife; et, avant même que le concile fût dissous, nombre d'ecclésiastiques et de séculiers, attachant sur leurs vêtements une croix d'étoffe en signe de ralliement, jurèrent de partir pour la Terre sainte *.

Urbain demeura encore une année en France pour préparer une aussi grande entreprise. De Clermont il alla successivement à Limoges, Poitiers, Angers, Tours, Bordeaux, Toulouse, Nîmes, Avignon^, présidant des synodes dans quelques-unes de ces villes, et, sans négliger les mesures de réforme ecclésiastique, suscitant partout des adhésions à la croisade. En

iidei pergere et Domini sepulcmm ex manibus inimicorum liberare. » Murât. Rer, ital, III, i, p. 352. Quant à croire, comme on le fait généralement, que l'ambassade envoyée par Alexis ait seule déterminé cette entreprise, c'est une idée erronée. Pour réclaircissement des questions qui se rapportent à la première croisade, voir Riant Alexii Comneni epislola ad Robertum Flandrensem, Genève, 1879, in-8<»; voir aussi du môme auteur Inventaire critique des Lettres historiques des croisades» in 4», Paris, Leroux, 1880.

1. Pour les détails de ce concile, voir Mansi, XX, 815-920. Cf. Uéfélé, Conc.» t. vu, p. 32-46.

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