Bernold. anno
cesseur ; et si les hésitations qu'il montra sur la fm de son pontificat ne nuisirent pas à Tascendant conquis par la papauté, elles eurent pour effet de prolonger la lutte qu'il lui fallait encore soutenir contre les princes.
II était réservé au nouveau pontife de voir se réaliser ce qui avait été le vœu suprême d'Urbain. Il n'occupait que depuis quelques mois la chaire apostolique, quand on connut en Occident la prise de Jérusalem et la formation des Étals chrétiens de Palestine. La nouvelle d'un aussi grand événement ne put qu'accroître le prestige du saint-siège, à qui appartenait la gloire de l'avoir préparé. « Les actions de grâces que nous devons à notre Rédempteur qui a opéré ce miracle par vos mains, écrivait Pascal aux croisés d' outre-mer, dépassent tout ce que la parole peut dire. Voilà donc abattus, par la miséricorde divine, les ennemis de la foi, et l'Éghse d'Orient, après une si longue captivité, rendue presque entière à son antique liberté I )» ^ Tandis que, sous l'émotion de cet événement, d'autres croisés de France, d'Allemagne et d'Itahe s'apprêtaient à aller renforcer en Orient l'armée chrétienne victorieuse*, et que les catholiques d'Espagne se voyaient avec impatience retenus au midi de l'Europe pour combattre les Maures ^ l'antipape Guibert, qui, peu avant l'élection de Pascal, s'était rapproché de Rome dans l'espoir de s'emparer du saint-siège, expirait, au mois de septembre HOO,à Civita- Gastellana *. La disparition de celui qui si longtemps avait été le chef spirituel du parti schismatique n'était pas moins favorable à l'autorité du pontife légitime. En vain les adhérents que Guibert avait pu conserver à Rome, et dont la mort d'Urbain avait relevé les espérances ^ voulurent lui donner un successeur. Livré tout aussitôt entre les mains de Pascal,