‹ La cour & la ville sous Louis XVChapitre 14 sur 39 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

intimes, habituellement sans signature, et parfois signées « B. ». La correspondante se désigne par : Votre pe.Hle amie, ou elle termina par cette phrase, demi-sourire demi-reproche : « Bonsoir et dormez mieux que moi. » Dans une lettre envoyée de Paris ei\ 1739, elle écrit: « Ne me croyez jamais que lox'sque je vous disque je vous aime et que je vous ainaerai toujours, » Dans une autre, d'orthographe défectueuse comme ses lettres le sont souvent, elle dit : « Soyezseur que meauvaisdiscoi:rs,vapors, calomnie, rien ne pourra changer mon cœur qui est tout à vous et qui ne veut point changer de maître. » Or, il me semble que ces lettres doivent être de Manon Baletla (i).

Cette Manon était la fille de deux acteurs du Théâtre Italien, dont il sera longuement question dans ce volume. Casanova fut amoureux de Manon, comme de tant d'autres, et lui promit presque le mariage, comme à tant d'autres. Cependant Casanova semble bien avoir eu pour la fille de ses amis une estime très respectueuse; il conserva toujours avec elle une réserve qui n'était guère dans ses habitudes. Aussi, la qualification affectueuse de « petite amie » s'applique-t-elle assez justement à cette gracieuse enfant.

Quoi qu'il en soit, le faisceau de preuves rassemJjlécs

par de patients et d'érudits chercheurs ne laisse plus

subsister aucun doute. Les Mémoires de Casanova sont

bien l'œuvre du célèbre aventurier; et si le texte que nous

possédons, et que nous publions, n'est pas absolument

conforme au manuscrit original, la faute en est tout

entière aux premiers éditeurs, qui jugèrent à propos de

maquiller le style aux couleurs trop vives de Casanova

de Seingalt.

(1) Voir le Mercure de France, octobre et noveiTiI)re 1903.

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