‹ La couronne des joursChapitre 1 sur 22 · A LA MÉMOIRE DU POÈTE ARTHUR SIMAND · texte numérisé non relu

A LA MÉMOIRE DU POÈTE ARTHUR SIMAND

sapins impuissants! Vaine brise marine!...

Ta bien-aimée avait emporta au tombeau La moitié de toi-même et, lambeau par lambeaUi Tu disputais le reste à ton mal de poitrina.

L'iasUnct te raidissait parfois comme un (lambeau Contre qui d'aventure un mauvais vent s'obstine, Et tes yeux agrandis, dans ta face cba^ine.

Désespérés, gardaient le feu sacré du Beau,

re demira* soir dans cette chambre obscure teuil, fojer désert implorant ses tentures, m sentait que quelque cbose allait finir I

lix des morts nous prend d'une étreinte plus sûre, ist dévotement qu'au bois du souvenir ite de tes vers le paisible murmure.

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L* CriAHMH II

notre dernier soir I... C'était en féyrier.

Tandis que nous causions, l'écho lointain des trompes, Des cors da carnaval venaient nous interrompre. Ta tftte retombait lourde sur l'oreiller.

Il saffisait d'un bruit de vers pour t'éveiller. Mous parlions de journaux, de voyages, d'estampes; Comme le jour baissait, on apporta la lampe; Une main ranima la cendre du foyer.

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LA COUKONNI DBB JOVIti

Quelque chose trottait dans l'ombre diaphane, \.. Je l'assommai d'un coup de canm e fit livide et je ne savais pas

1 bruit sec éclaté par surprise, (à mes pieds gisait la béte grise) passe aisément de la Vie à Trépas I

uGoof^lc

Pourtant je me fiattais que la Mort fût moins proche, Et l'on finit toujours par se dire : « Espérons I » Je gravissais uq beau dimanche, au bruit des cloches, La forêt de sapins qui domine Arcachon.

Je pensais : « II vécut l'an dernier dam ces roches, t II sait œ ciel, ces bois, ces jardins, ces perrons, t Bientôt & mon retour nous en recauserons, «O joîel... » Et je sentais un journal dans ma poche.

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il appelait en vain ma main rebelle. Hél quoi? Un journal quand la mer chante à travers les bois, Quand aux oids revenus palpite un loDg* bruit d'ailes !

Ce fnt un dieu (je le pressens) qui me l'ouvrit

Justement à l'endroit de la triste nouvelle,

Toi, mort!... Quand je repris ma route, il était nuit.

Tu disais vrai ! — La vie est si peu nécessaire ! Nous ne pesons pas plus an monde qu'un fétu . Par tous les éléments ensemble combattu, L'homme trouve chez l'homme encore un adversaire.

Les préju^ sournois nous tiennent dans leurs serres. A DOS cœurs languissants qui rendra leur vertu ? Michelet, ton vœu héroïque s'est tu ; Les mar^rrs et les saints n'ont plus d'anniversaires,

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Elle ment cette Qamme enclose au fond des yeux, Et, si vous existiez, laisseriez-vous, fl dieux ! Avorter id-bas les plus justes des causes?

Mais puisque l'Art demeure,^ frire industrieux. Ajoutais-tu, tissons, pour en couvrir les choses, Notre Rêve où la rose éclate eu mille feux.

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Si je déracinBia l'aTenir maltMUDt ?

Ainsi je fais, prenant le parti le plus sage,

Et je n'attends plus rien de l'homme, au demeurant.

1a brifpie, le succès me laisse indifférent.

Je vis presque isolé comme dans un nuage.

Si j'aime encor, ce ne sont plus que des images. Et, pour tromper l'ennui de vivre qui me prend, rimite le Chinois qui, d'un trait transparent, Sur une tasse k thé fixe des paysages.

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l6 L* UOUIUtN.tl DBS JOUU

Sur ma table, voici ce que j'ai rapporta De mesveilles d'hiver, de mes courses d'été, Quand l'heure ngoureuse à la fin se relftche.

la rue, eu bas (c'est fête), est pleine de baisers. Mon ombre, sous la lampe, aux rideaux apaisés Montre un Front obstiné, replié sur sa tflche.

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LA cautaoN KKS viluu

SUR LA ROUTE lyATTIGNY

O fortoné séjour I 6 cbampc aioiés dca ci

J'étais bien jeUne, Rose, il vous souvient sans doute A quels jeux innocents nous occupions le jour ? Nous fréquentions la ville; il advint, au retour, Quelquefois, que la nuit nous surprit sur la route.

Vos trois petites sœurs tremblaient du chemin noir, Moi-même, je chantais pour me donner courag^e, Et mes jeux fouillaient l'ombre, impatients d'y voir Une lumière poindre aux maisons du villa^.

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L» counoNira dbs iours

Tandis que g^mmelait grand'maman Lardenoîs, Bonne maman Ré^aier riait sous ses lunettes, Maman Jeanne pliait sous son fagiotde bois.

Ces temps sont loin. La piocbo a démoli les toits, Et, dans le cimetière empli d'herbe muette, Déjà trop de noms chers se rongent sur les croix 1

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■ Salimnndo ! Salimuodo ! porlo la pigssso et la CanDco, qa'aici y e quicon ■ doui caps 1 > SaperilUiott locale.

Village egenouillé demire ton égalise, De mes raànes, l'une a poussé dans tes pierres ; Tes montagnes, que noie une brume indécise.

M'ont fait & leur image une âme abrupte et fiëre I

Que ton escarpement déroule de surprises :

C'est le damier des champs, le trou delà rivière, La route, le vieux pont et ce qui s'éternise P'ombre sauvage aux flancs hérissés des Corbiëres (

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LÀ COUnONHB DBB i

L'abeille chante ; un lézard glisse ; un vigneron

Travaille ; une cognée éclate aux environs ;

Un vol d'aigles tournoie et oiet sa tache aux cieuz.

Voyageur, signe-toi, ces gorges sont hantées ; Le passant les redoute et, l'ûme épouvantée, Quant la nuit l'y surprend, se recommande à Dieu !

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LA CBANSON D

Et moD autre racine a son attache ici.

Vouziers, pays plat et monotone, en somme Ton jour sobre est égal ; l'horizon éclairci Transmet sa ligne droite aux sentiments de l'homme.

Condé, Biaise, Atlîgny, Sainte-Vaubourg, Coulomme, Roche, ab 1 combien de fois m'égarai-je, ébloui, A travers vos sentiers, seul, a&anchi du somme, Tandis que pétillaient les astres de la nuit f

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Betteraves, sainfoins, trèfles que l'aube mouille, Saulaie, osiers, ver^s, puits dont le fer se rouille, Routes de peupliers vibraats, je vous revois 1

Et toi, paisible auberge où s'asseyait Verlaine,

Quand rentraient les troupeaux de la ferme prochaine,

Et qu'à nouveau le soir faisait fumer les toits !

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CHAKLEVILLE

A M. Teoàor de Wyiewa.

Ob te* pcrsécaU, on les lue, Sanf, après un lcDl«xaiiiïO, A lenr dre«ser ane lUtoc, Pou la gloire du geare hamain niiuiioui.

Rassemblez en bouquets la rose et le lilas, Nouez-les en ^irlaade k cette architecture.

Où — loin des monuments dressés par i'Impostnra - Vase perpétuer un los qui ne ment pas I

lumières du ciell fiambeauxl vous, Oioscures 1 Témoignez que Rimbaud, innombrable en ses pas, D'une noble dépouille enrichissant son bras, A bien su de Jason égaler l'aventure !

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LA coonomfB d

Aujourd'hui que s'expie un traîne abaodoD, La foule et le poète échangeât leur pardon, Et la Meuse hoaorée en coule plus fertile.

Rimbaud, reçois ce brooze et, pour juste lojer,

Eternise en retour le nom de Charleville

Qui, sur le tronc de France, ente ud nouveau laurier !

(^ OBAKSON ^ TIIXU

^ M. Jtan Bourguignon.

Lampe orageuu, allume-loi I

Le train a remporté mes amis de voyage, Et le square défaille énervé de chaleurt La fête dont Taverse a noyé la lueur Dernière, à travers l'ombre, égoutte son tapage.

Entraînant Angélique au beau chapeau de fleurs, La charmante Isabelle a fui devant l'orage.

L'écho ne sonne plus du refrain des buveurs, Et l'âme du mystère a ressaisi t'ombrage.

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DaDs Vaii lourd s'évapore an relent de baoquet, Le silence est venu, si ce n'est qu'un hoquet Gai^uille au coin d'un mur oii vacille on feu blême,

Alors que, dessiné par le feu des éclairs Redoublés, Rimbaud, dieu des feuillages déserts, Porte à son front d'airain l'orage en diadème.

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LA CBÀNION I

 M. Adolphe SMnheil.

Des Ttissedix paf lent su loinUin, VeDSDt d'Ophir ou de GolcODde,

Véntis tord bs nudité blonde Dtm le Mnrire du maiio.

Je t'aime en ce matin où la clarté frissonne, Rouen, ville ducale aux antiques perrona ; La Seine te récrée et 'e vois, à ton front, De faïence et de lin, une belle couronne.

Tes quais, où des bras dus déchargent le charbon, Ont une activité de ruche qui bourdonne; Hais plus d'une ruelle, où ne passe personne, Dit sa vieille l^ende à mon pas vagabond.

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k COOKOifiii Dia JOUKi

Fleur de la Normandie, aocienne souveraine, Qu'on air de Boteldien tout à coup me ramène. Corneille à ton balcon s'accoudait pour soogper !

Et, tandis qu'arrËlé j'évoque sa mémoire, he Fleuve continue à dérouler sa moire, Et je vois sur les mâu les oiseaux voltiger.

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