‹ La couronne des joursChapitre 5 sur 22 · SOIR AU BORD DE LA MER · texte numérisé non relu

SOIR AU BORD DE LA MER

Nous étions seuls à nous promener sur les quais, La ville s'alluniait dans l'ombre transparenle. L'océan k grand bruit déchargeait ses paquets. Un phare, au loin, jetait sa flamme intermittente.

Le même mal plojait nos deux fronts fatigués, Et nos yeux s'avouaient notre plaie ulcérante, Sans prendre autrement g:arde aux propos divulgués, Oislraiiement, par notre bouche indifférente.

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Un besoin do tendresse énervait l'étendue.

Vous étiez à ma soif une coupe tendue,

Je fus l&che et n'eus pas le geste qui retient ;

Et vous êtes partie, à ma triste incouhue, Sur la pla^ déserte étes-vous revenue ?

Etes-vous, comme moi, celle qui se souvient ?

L* CHANSON DKS V

A M. Henry-D. Daoray.

Sur les quais, assourdis du tapage des grues, C'est une pluie intarissable de charboQ.

Un incurable ennui se traîne au long des rues ; Une misère campe à cliaque angle de pont.

Sous les arcades souffle une acre odeur de crue ; Au Café Saisse, en vain, s'escrime un orphéon ; h'Hôtel Royal renonce à plaire et se morfond Devant la plage morne où sonne une eau bourrue.

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Un instant ébloui, je m'arrête parmi

Le musée, au dessin d'un beau marbre endormi.

Puis de nouveau l'Ennui sur mon âme vient fondre.

Et loin des bookmakers et des petits chevaux. Pris d'un besoin d'espace et d'borizons nouveaux. J'ai dit au paquebot « Emporte-moi vers Londres » !

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