‹ La couronne littéraireChapitre 28 sur 108 · DIOGÈNE · texte numérisé non relu

DIOGÈNE

Alexandrx^ le roi elle héros de la Macédoine, en quittant le sage Diogène , avait prononcé ces mots : a Si je n'étais pas Alexandre, je voudrais être Diogène. » Parménion, capiiaine du Roi , qui était resté auprès du sage , s'écria : « Parole singulière dans la bouche d'un roi et d'un héros !

— Pas si singulière, répliqua Diogène; tu n'as qu'à la traduire du langage des rois en langue vulgaire , et tu verras qu'elle signifie : Je suis forcé de respecter celui qui sait se commander à lui-même, et mettre un frein à ses désirs; mais mon amhitioo m'empêchera toujours de l'imiter. »

Alors Parménion lui dit : « Ne rév£re&-tu donc pas notre Roi ? ou serais-tu le seul qui lui refusât le nom de Grand? » Diogène : a Je le nomme aussi le Grand. •— A quoi le compares-tu? » demanda le capitaine : et Diogène répondit : « Au mont Etna en Sicile. »

Le capitaine fut étonné de la comparaison, a Penses-tu donc, reprit-il^ que ce soit l'ambition qui le pousse à faire la guerre aux Perses ?

— Elle est le feu qui brûle dans ses veines , répliqua Diogène. — Mais il agit avec réflexion et délibération ; la froide raison le conduit , ainsi que l'honneur de la patrie. Regarde-le; le calme est^ur son

front. — C'est la neige et la glace sur le sommet <l« l'Etna. — Ses victoires porteront la sagesse des Grecs jusqu'à rindus. — D'abord la flamme et le tomierre, {tuis des nuages dépoussière et de fumde. — It rendra les Grecs le peuple le plus heureux et le plus respecté de k terre. — Va voir l'Etna et les volcans de Lipri, ils t'instruiront. — Mais l'élève du sage de Stagyre saura se modérer. — Sais-tu ce que le peuple de Sicile raconte de l'Etna? — Je suis prêt à t'écouter. — Legëant Encelade, après avoir" subjugué la terre, voulut escalader le ciel; alors les dieux jetèrent l'Etna sur lui. Quand il se remue, la Sicile tremble, et le feu de sa colère, qui s'exhale par ses narines, est la flamme du volcan. — Quand cessera-t-il donc d'être en furie? — Quand, miné par ses propres feux, il s'écroulera sur lui-même. — Ainsi donc, tu n'échangerais pas ton manteau contre mou bâton de capitaine? demanda Parméuion en riant, b Diogène repartit : o Me donnerais- Je la peine de rouler mon tonneau sur le haut de l'Etna , pour haniier au bord du cratâre? s Ainsi parla le uge, et Parménion s'en alla tout pensif.

Traduction de Rruhkuchbr.

IDYI.LE A JJi VIOLETTE.

O FiLLS du printemps! douce et touchante imtgiB

jyun coeur modeste et yertueux, Du sein de «ces gazons tu remplis ce bocage

De tes parfijuns délicieux.

^ue j'aime a te cberclier sous Tépaissc yerdure

Où tu crois fuir mes regards et le jour !

An pied d^un ohéne vert quWrose une onde pure,

L'air embaumé m'annonce ton séjour.

Biais ne redoute pas cette main généreuse :

Sans te cueillir, j'admire ta fralchei^; . '

J^ ne Toudrais p^ être heureuse Aux dépens même d'une fleur.

Ah! comme ton parfum, dont la suave odeur S'exhale dans les airs sans dévoiler tes charmes, Que ne pùi»-je , du pauvre en essuyant les larmes.

Lui dé^t>er l'aspect du bienfaiteur! .

Timide comme toi, je veux dans ma retraite

Et dans l'oujbli passer mes jours ^ Ua peu d'encens vaut-il ce trouble qui toujours

Poursuit notre gloire inquiète ? ^

Simple en mes goûts, de paisibles loisirs Rendent mon ame satisfaite; Mon nom contente mes désirs.

Puisque l'amitié le répète.

4 'avenir m'oubliera ; mais, chère à mon époux, ' Dans mon enfant trouvant mon bien suprême.

Bornant ce monde à ce que j'aime, le n'étonnerai point le vulgaire jaloux.

Oui, comme toi, cherchant la «solitude, Ne me plaisant qu'en ces vallons déserts, J'y viens rêver, et soupirer ces vers.

Qui ne doivent rien à l'étude. ^

M"*' la cotatesse n'HAUTTPcm.

( 219 ) I£S FLEURS £t LES ENFANTS.

U^ enfant fuit par instinct le repos. II aime à fo-* lâtrer comme mie jeune plante agitée sur sa tige par le soufOie d'un vent léger.

Les fleurs cultivées dans les parterres ne sont pas les seules précieuses : elles ont aussi leur mérite, celles qui croissent dans les vallées solitaires , ou sur les rochers escarpés.

J'aime à voir de jeunes enfants folâtrer ensemble. Il me semble voir ces groupes de jeunes fleurs qui couvrent les prairies dans les premiers jours du printemps.

Un enfant sent Taiguillon des douleurs avant de pouvoir goûter la saveur des plaisirs. Tel un jeune rosier porte de$ épines avant même de produire des fleurs.

Une l^mille où se trouvent plusieurs enfants , rei^semble à une branche de lilas dont les grappes sont nombreuses : on y voit réunies toutes les nuances différentes de la floraison.

On laisse l'orgueilleux tournesol, et l'on cherche la violeite aux couleurs modestes. Le jeune enfant que le chaume couvre a presque toujours plus de vertus que celui qui habite sous les lambris dorés.

La vieillesse obtient nos respects, et l'enfance notre amour. Je m'assieds , avec le plaisir de la confiance , à l'ombre d'un chêne antique et vénérable; mais j'aime aussi , et plus passionnément encore , à cueillir les fleurs, et à les mettre sur mon sein.

Quand je suis triste ; je regarde des groupes d'enfants , ou des groupes dc^fkan , «t moa esprit alors n'a plus que des idées riantes.

L'eafànce est le temps des jeuT. Un arbre se couvre de fleurs avant de porter des froits.

Les enfants aiment quelquefois à jouer arec le> vieillards. Telles des toufes de fleurs aiment quelquefois à croître sur des ruines qu'elles embelliiseiit.

Ou obtient encore plus des enfants par l'amour que par la crainte. La tempête arracbe et flétrit les fleurs , tandis que le xéphyr s'insinue dans leurs calices, et ouvre leurs trésors.

Des eufants font ressortir la bonté de leurs parents, en les comblant de leurs caresses. Ainsi les guirlandes de chèvre- feuille embellissent les troncs aatour desquels elles s'entrelacent.

L'amour filial est dans un enfant la vertu qui précède toutes les autres. Tel le bouton de la primevère est l'avant-coureur de toutes les fleurs du printemps.

n ne faut pas trop toucher aux fleurs, si l'on ne veut pas en ternir l'éclat. Une mère doit rendre sou enfant 'heur eux , mais ne doit pas lui prodiguer des soins outrés. Les rayons du soleil colorent les fleurs; mais, si ces rayons sont brûlants , ils dessèchent les fleurs sur leurs tiges.

ii.vm.j.T.

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