‹ La couronne littéraireChapitre 36 sur 108 · CHER FR£D£RIG · texte numérisé non relu

CHER FR£D£RIG

Repose en paix , ami bien-aimé ! nos cœurs sau<root jouir de ton doux sommeil et du bienheureux réveil qui t'attend dans un meilleur monde !

Loin de vous abandonner à la douleur, mes enfaDls, r.éjouissez-vous du bonheur suprême que lui réservait la Providence.

Non, notre Frédéric ne devait pas demeurer longtemjps ici-bas ; car sous une enveloppe fragile il poi-

tait un esprit dont le noble essor cherchait une autre patrie. Cet esprit n'attendait point la maturité du corps ^ il s'épanouissait comme la fleur hâtive à laquelle je le compare y et brisait ainsi la faible écorce qui l'en tour ai t.

Mais, je le répète, c'était pour son bonheur! Si , à force d'art, il eût été possible de conserver ce corps délicat, n'aurait-on pas augmenté, prolongé ses souffrances? Ce que l'art humain pouvait faire a été fait; il s'y joignait un amour paternel , un amour maternel dont la puissance a été bien plus effîcace. .^. Mais rien ne pouvait s'opposer à l'élan de cette ame pure : rappelée dans sa patrie céleste ^ elle y jouit du bonheur éternel.

O toi, mère infortunée, et cependant si piense? ment consolée , avec quelle impatience ton Frédéric t'attendait ici-bas, lorsqu'il espérait le voir! Comme il se précipitait à ta rencontre lorsque enfin tu paraissais! Mais quelles paroles pourraient exprimer l'ardeur avec laquelle il te recevra dans le séjour des bienheureux , où aucune substance terrestre ne séparera plus votre amour !

Et toi y> père affligé! malgré les déchirements de ton cœur, ne te semble-t-il pas entendre autour de toi l'esprit de ton enfant céleste murmurer son bonheur! Oh ! supporte donc lepeu.d'insrtants que nous nommons années, supporte -les avec patience ju»- . qu'à ce que ton Frédéric t'introduise dans sa belle patrie, et te dise avec un sourire divin : « Mon père! aurions -nous pu, sur la terre assombrie, croire à cette vive lumière des cieux? Aurions -nous pu, avec des corps souiETrants, saisir ainsi toutes les joies de l'esprit ? Oh ! combien on est heureux ici J » *

Mais que te dirai-je à toi , frère xnalheareax quî viens de perdre la moitié de toi-iriéme? à toi dont les yeux n'ont plus de larmes , dont le regard morne '

décèle le vide de ton cœur Je te dirai : « Ton

frère ne t'a point quitté, il demeure auprès de toi il est ton ange gardien^ et t'accompagnera sur la route de la vie ; il t'enseignera à remplir sa place dans le cœur de tes parents , à leur rendre l'amour qu'il avait pour çux , à faire la joie du reste de leurs jours. Ta tâche est grande : elle est doublement difficile, mais. aussi tu auras un haut et puissant secours 5 car l'esprit de ton bienheureux frère ne s'éloignera point de toi. Il sera t^n protecteur fidèle jusqu'à ce que tu le revoies, et que tu te confies à lui pour être introduit dans les délices d'un meilleur monde. »

C'est ainsi-, respectable père (0 , et vous instituteurs et élèves de cette maison, c'est ainsi que Frédéric vous gardera fidèlement son amour, et nous portera tous dans son cœur jusqu'à ce que nous allions à lui.

M\es enfants, j'avais l'intention devons présenter plusieurs traits de la vie de noire jeune ami, de vous faire remarquer la force de son esprit prématuré, l'éttiidue peu commune de sa tendresse filiale 5 mais jie n'ai plus de voix que pour dire : « Kepose en paix , ame céleste ! et sois réveillée au bonheur dans le séjour ou la félicité n'a point de fin. »

(») Pestniocsi , foBikwor^(tiree«etir derinstitutdly&rduzt.

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