‹ La couronne littéraireChapitre 54 sur 108 · SUR LA MORT DE MA FILLE · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE MA FILLE

Héz.!»! il est donc vrai, je suis senl« ici-bas! Dans tout ce que f aimais j'ai subi le trépas} Anàd , épouse, fille et mère infortunée.

Par tous les sentiments à souffrir condamnée! A peine je quittais les lieux de moïa berceau Que déjà de mes pleurs j'arrosais un' tombeau. Ma faible adolescence, à Fabandon livrée, Redemandait au ciel une mère adorée :

Je lui devais un cœur qu'elle aimait « former , Tous mes vqbux, mes plaisirs, le bonheur de Taimer. Sa raison toujours pure, et surtout sa tendresse « Jusqu'au sein de la mort éclairaient ma jeunesse : Ses trop longues douleurs m'ont appris à souffrir. Et ses derniers moments m'ont appris à mourir. Ah! malgré tous ses maux, du moins ma tendre mère ITa perdu ses enfants qu'en perdant la lumière ^ Pétais entre ses bras, elle a vu ma douleur.

Et son dernier soupir est encor dans mon coeur.

Je n'ai, depuis ce jour, rencontré dans laTie Que la douleur toujours de la douleur suivie ! Ah! qu'il fut vain pour moi le rêve du bonheur! Que le réveil fut prompt!... Dans l'ennui, la langueur X^asse de déplorer une longue misère, J'aurais trouvé la mort; mais, hélas! j'étais mère! Par le courroux du sort quand f avais tout perdu^ £n me donnant ma fille il m'ayait tout rendu*

Je crus , dans les transports d^une si douce ivresse , Pour la première fois connaître la tendresse^ El ramour maternel s^enrichit dans mon cœur DW amour malheureux éteint par la douleur, r ]La vie à chaque instant me devenait plus chère

En songeant qu'à ma fille elle était nécessaire

Et ce dernier (^jet de mes^lus*tendres vœux,

Xa mort vient le frapper sur mon sein malheureajL !

Dans mes hras, sans pitié, saisissant sa victime,

li'inhumaine me laisse et referme Fabime

Je n'aperçois plus rien, rien qu'un désert aSreux!

Il n'est plus pour mon cœur , il n'est plus pour mes yeux

D'aurore, de printemps , de fleurs ni de verdure^

Je ne vois qu'un tombeau dans toute la nature.

Avec ma fîÛe, héiaâ! tendresse, espoir, bonheur,

Tout a fini pour moi, toiit est mort pour mon cœur!

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