SUR LA MORT DE MA FILLE
Héz.!»! il est donc vrai, je suis senl« ici-bas! Dans tout ce que f aimais j'ai subi le trépas} Anàd , épouse, fille et mère infortunée.
Par tous les sentiments à souffrir condamnée! A peine je quittais les lieux de moïa berceau Que déjà de mes pleurs j'arrosais un' tombeau. Ma faible adolescence, à Fabandon livrée, Redemandait au ciel une mère adorée :
Je lui devais un cœur qu'elle aimait « former , Tous mes vqbux, mes plaisirs, le bonheur de Taimer. Sa raison toujours pure, et surtout sa tendresse « Jusqu'au sein de la mort éclairaient ma jeunesse : Ses trop longues douleurs m'ont appris à souffrir. Et ses derniers moments m'ont appris à mourir. Ah! malgré tous ses maux, du moins ma tendre mère ITa perdu ses enfants qu'en perdant la lumière ^ Pétais entre ses bras, elle a vu ma douleur.
Et son dernier soupir est encor dans mon coeur.
Je n'ai, depuis ce jour, rencontré dans laTie Que la douleur toujours de la douleur suivie ! Ah! qu'il fut vain pour moi le rêve du bonheur! Que le réveil fut prompt!... Dans l'ennui, la langueur X^asse de déplorer une longue misère, J'aurais trouvé la mort; mais, hélas! j'étais mère! Par le courroux du sort quand f avais tout perdu^ £n me donnant ma fille il m'ayait tout rendu*
Je crus , dans les transports d^une si douce ivresse , Pour la première fois connaître la tendresse^ El ramour maternel s^enrichit dans mon cœur DW amour malheureux éteint par la douleur, r ]La vie à chaque instant me devenait plus chère
En songeant qu'à ma fille elle était nécessaire
Et ce dernier (^jet de mes^lus*tendres vœux,
Xa mort vient le frapper sur mon sein malheureajL !
Dans mes hras, sans pitié, saisissant sa victime,
li'inhumaine me laisse et referme Fabime
Je n'aperçois plus rien, rien qu'un désert aSreux!
Il n'est plus pour mon cœur , il n'est plus pour mes yeux
D'aurore, de printemps , de fleurs ni de verdure^
Je ne vois qu'un tombeau dans toute la nature.
Avec ma fîÛe, héiaâ! tendresse, espoir, bonheur,
Tout a fini pour moi, toiit est mort pour mon cœur!