‹ La couronne littéraireChapitre 65 sur 108 · LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LE SOLEIL

Sans le soleil^ grand principe de la vie de l'anivers, que serait la terre? une masse infori^è, un amas de matière sans force et sans activité. Ijjes arbres ne nous couvriraient point de leur ombrage; les plantes, sans vigueur, ne nous montreraient plus le tendre bouton près d^éclore; les prairies ne seraient plus un tapis délicieux pour le solitaire. Plas de moissons, plus de fruits. Ce sont, les traits de feu de ce globe vivifiant qui donnent au printemps ses couleurs et .à l'automne ses richesses. Ils pénètrent dans les ceps de la vigne. La sève fermente, l' grappe se coloré ', et le vin mousse et pétille dans la coupe du plaisir. Le Verger fleurit et se courbe soas le poids des^ fruits^ l*or mûrit et s&colore au sein

àe la terre; le diamant se durcit et se remplit de ses rayons. Nul être dans la nature que sa chaleur n'atteigne, et qui ne lui doive des bienfaits.

Lorjsque ce père du jour répand sa splendeur ma<« tinale, toutiss les créatures s'animent; des millions d'insectes recouvrent l'existence : les oiseaux s'éveillent et remplissent l'air de mille chants harmonieux ; les troupeaux, par un doux bêlement, maiv* quent leurs tendres sensations et leur reconnaissance; le vallon retentit d'une musique champêtre : écho ne répète que des sons d'allégresse et de joie. On voit les fleurs éclore et exhaler dans les airs mille parfums; la campagne offre à nos regards mille scènes variiées et séduisant^. Mais que cet orbe ra* dieux s'écjipse un instant , toute la nature devient triste et mélancolique : les cieux paraissent inquiets; les oiseaux baissent sous leurs ailes leur tête affligée; le berger muet abandonne son hautbois^ la voix du plaisir se tait : d'affreux nijgissements épociv«Dteu( les forêts; le hibou sauvage se réjouit seul, et croit sentir les approches de la nuit:

Ainsi 9 lorsque Dieu nous aban4onne , quand la foi nous quitte, le . désespoir descend dans nos âmes, et verse sur nos beiw^s l'affliction et la douleur. '

Je vois le soleil répandre la lumière «n tout sens. Prodigue de ses dons, il éclaire la terre et la réjouit. L'orient est rougi de ses rayons naissants, et les montagnes d'occident sout dorées de ses premiers feux : les régions glacées du nord s'échauffent, tandis que les vastes plaines du midi sont déjà embrasées.

Ainsi les mérites de la mort précieuse du Rédempteur s'étendront jusque sur les derniers âçes

( n8) du monde. Dieu créateur, commandez à votre Evangile de prendre les ailes du matin et de suivre le soleil dans son cours; qu'il vole chez tous les peuples, depuis ceux dont le sang est glacé par les neiges et les frimas , jusqu'à ceux qui sont brûlés par des rayons dévorants; que votre nom soit connu dans tout l'univers ; que les ennemis de votre doctrine se sentent arracher le bandeau qui les aveugle, et qu'il vienne une époque célèbre et sacrée, où toute l'espèce humaine soit éclairée et conduite par

la vérité!

Letourneur.

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