LA VEILLE DE KOÉL
HTMNE A ZéA VIE&GE ;
Couronnée par V Académie des Jtuxfiofiatx.
EimtE mes doigts guide ce lin docile.
Pour mon enfant, tourne, léger fuseau} Seul tu soutiens sa yie encor débile ; Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Les entends-tù, chaste Reine des angefiU Ces tintements de Fairain solennel?
Le peuple en foule, entourant ton autel ^ Avec amour répète tes louanges.
Pour mon enfant, tourne, léger fuseau.
Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Si je ne puis unir d'humbles prières Aux vœux offerts sous les sacrés parvis.
Si le devoir me retient près d'un fils.
Prête l'oreille à mes chants solitaires.
Pour mon enfant, tourne^ léger fuseau.
Tourne sans bruit autour de son berceau.
( tt5)
Porte des cieux, yaae élu, Vierge sainte, Toi qui du monde enfantas le Sauveur , J*e8Aaie en yain d^exalter ta spleûdeur, I^hymne pieux devient on chant de plainte»
Pour mon en&nt, tourne, léger fuseaiu, Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Paisible, il dort du sommeil de son âge, Sans pressentir mes douloureux tourments :
Reine du ciel, accorde-lui long-temps Ce doux repos qui n^est plus mon partage-
Pour mon enfant, tourne, léger fuseau.
Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Le monde entier m^oublie et me délaisse.
Je n^ai connu que dNéternels soucis; Vierge sacrée, au moins donne à mon fils Tout le bonheur qu'espérait ma jeunesse.
Pour mon enfant, tourne, l^er fuseau.
Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Tendre iirbrisseau menacé parU^rage, Privé dW père, où sera ton appui?
A ta faiblesse il ne reste aujourd'hui Que mon amour, mes soins et mon courage.
Pour mon enfant, tourne, léger fuseau.
Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Reine du ciel, que le Chrétien révère.
Ma faible voix s'anime en t'ûnplorant ; ' Ton divin Fils est né pauvre et souffrant :
Ah ! prends pitié des larmes d'une mère !
Pour mon enfant, tourne, léger fuseau.
Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Des pas nombreux font retentir la ville :
Ce bruit confus, s'éloignant par degrés, BTapprend la fin des cantiques sacrés, récoute encor !... déjà tout est tranquille.
( ii6 ) Pour mon enfant, tourne , léger fuseau ^ Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Tout dort , hélas ! je travaille et je yeiUe ^ La-|wn? des «Miita ne ferme- {ilus mes yeux.
Permets du moins» appui des malheureux , Que ma douleur jusqu^aumatin sommeille!
Pour mon enfant, tourne, léger fuseau, Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Bfais non ; rejette , à ditine espérance !
Ces Uches Tœox, vains murmures du coBiir.
Je yeux bénir cette longue souffrance.
Gage certain d^un immortel bonheur.
Entre mes doigts guide ce lin docile , Pour mon enfant, tourne, l^g^i* fuseau^ Seul tu' soutiens sa vie encor débile; Tourne sans bruit auprès de son berceau.
M™« Amable Tastu.