PROMENADE DU MAT
A pieiNE sorti des tombeaux , encore tout arrose des vapeurs humides de la voûle sépulcrale, f allai respirer au milieu d'un parterre émaillé de fleurs. Tous mes sens s'ouvrirent à la volupté. Mon imagination , tendrement ^mue, errait sur tous les objets, et se promepait avec délices de fleur. en
fleur.
C'était le matin d'un beau jour d'été. L'air était frais et léger , la nature riante et animée. Le monde bruyant était plongé dans le sommeil. L'intérêt avait suspendu ses calculs. La débauche lassée reposait sa tête coupable. Tout était serein et tranquille^ mon ante était calme, mes pensées sérieuses et douces. L'alouette joyeuse a quitté son nid ; je la vob planer dans les nirs; elle salue le jour naissant; elle appelle le laboureur au travail , les oiseaui^ au cpncert de la nature..
Qu'il est doux de rêver, en foulant k ses pieds l'herbe encore trempée de rosée , en respirant la fraîcheur d'un air pur et tranquille. Ce plaisir est perdu pour vous, enfants de la mollesse. Que le parisseux est insensible I qu'il est malheureux! il abandonne la moitié de sa vie au sommeil , triste
image de la mort.
Letournevr.
( lîïo )