‹ La course aux pommes d'or: comédie-vaudeville en un acteChapitre 1 sur 16 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

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Le Réveil d'Adam et d'Eve, tel était le titre primitif de cette petite comédie reçue au Théâtre- Historique, par Monsieur Max de Rével : cependant la fermeture de ce théâtre nous ayant peu de temps après rendus maîtres de notre ouvrage, nous vînmes réclamer près de Monsieur Emile Taigny, ime hospitalité qui nous fut accordée de la façon la plus écossaise. Mais, hélas! aujourd'hui, l'auteur propose, et la censure dispose... aussi disposa-t-elle de notre ouvrage... elle en disposa si bien , qu'elle commença par nous l'interdire complètement!...

Le sujet, nous fut-il objecté, faisant allusion au péché de noire premier père, se trouvait être en contradiction avec la religion!..

Que nous restait-il à faire?.. Renoncer à la représentation de notre pièce... nous ne pûmes nous y résigner. Dites à deux auteurs de vingt ans, qui commencent leur carrière , d'entreprendre les douze travaux d'Hercule, ils ne se rebuteront pas... mais demandez-leur de renoncer à se faire jouer, oh! ne l'espérez jamais... devraient-ils succomber sous les huées et les sifflets, rien ne saurait les empêcher d'affronter le feu de la rampe !

C'est lànoîre histoire : vaincus une première fois, nous revînmes à la charge '.l'on nous avait reproché d'être chrétiens, nous nous fîmes païens! Le lléveil d'Adam et d'Eve était l'histoire de nos premiers parents perdus par la pomme. La Course aux Pommes d'or devint l'histoire d'Hippomène et d'Alalante perdus par les trois pommes d'or cueillies dans le jardin des Hespérides...

Notre pièce se trouva quelque peu défigurée par ce prompt changement, mais, mus parce sentiment de la paternité qui fait même trouver au hibou ses enfants jolis, nous eûmes, en cette occasion, terriblement de ressemblance avec cet oiseau de proie !

Il ne nous reste plus maintenant qu'à remercier Monsieur Emile Taigny des soins qu'il a bien voulu apporter à la représentation de cette petite bluette, sur laquelle nous étions loin de nous attendre à voir s'appesantir le crayon de dame Censure !

Remercions aussi et félicitons :

Monsieur Edouard Voys, notre ancien camarade de collège, qui se doutait peu iorsqu'auprès de nous, il copiait dans ses classes , en qualité de pensums les vers de Racine et de Corneille , que notre faible prose, lui servirait à faire ses débuts ;

Mademoiselle Cécile, dont les beaux yeux, si tels étaient ceux d'Eve, auraient dû absoudre Adam de sa faute!.. (Pardon , nous voulons dire Atalante et Hippomène.)

Monsieur Donalien et Mademoiselle C. Thivet, qui seraient dignes de représenter les paysans comme sait les dépeindre Georges Sand.

Frederick Lemaitre fils et Amédée de Jallais.

^ 2 Février 1851

RSE

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