SCÈNE VIL
GROSJEAN, seul. Séraphin! Séraphin!.... Il ne m'entend plus... c* que c'est que la désobéissance... C* matin je me promenais par ici avec Marianne... et comme M. le baron avait défendu qu'on touchât à aucun des fruits de ce jardin, je mangeais mon morceau de pain, qui était si triste de se trouver seul... oh! mais si triste, qu'il ne voulait pas passer par mon gosier... J'en fis la remarque à Marianne. Eh ! qu' t'es bête qu'elle me dit, comme ça : mange une de ces oranges... Oh! non, que je réponds, on m'a défendu d'y toucher... Ah! qu'est-ce qui le saura, qu'elle répond... Bref, de réponses en réponses, elle étendit la main, et cueillit un de ces p'tiots fruits... moi...
Air :
J'avais un tiraill'mcnt partout,
Qui m' faisait l'ver le bras si vite
Que sans m'en douter, tout a coup.
J'accrochai c'te brandie maudite !
Trois oranges restèrent dans ma main;
Tout's trois mauvais's, je n' sus qu'en faire,
Etcomm'j' vois toujours mon parrain
Mettre en bocal le fruit malsain.
(Se lapant sur l'estomac.)
y les ai serré's d' la niêm' manière, {ôis.) Mais je sens depuis c' malin un remiie-ménase dans mon estomac... comme si tous les diables d' l'enfer dansaient dedans... Dieu du bon Dieu faut-il être gourmand!.. Oh! les femmes, les femmes, ça fait toujours du mal!.. Si j' tenais là Marianne, j' lui ferais avaler tout l'arbre*.. On peut devenir trois fois bête, qui m'a dit... J' s' rais peut-être ben lion et lionne tout à la fois?.. Aïe! je sens mon habit qui commence à se couvrir de poils, mes bras s'allongent... Au secours!., à moi !..
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