‹ La course aux pommes d'or: comédie-vaudeville en un acteChapitre 5 sur 16 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

SÉRAPHIN, seul. Enfin, il est parti... je ne sais pourquoi ce livre m'intéresse ainsi!... (// ouvre le livre et lit.)

« Cent fois plus belle encor qu'un beau jour de printemps, « Plus souple qu'un zépliyr, et n'ayant que vingt ans. « Atalanle eût aimé... mais l'oracle immuable

• Lui prédit par l'hymen une fin redoutable ; « Maudissant son destin, à dater de ce jour

« Elle voua sa haine au culte de l'amour

« Et dit a ses amants : voire seule ressource '

« Pour éviter la mort, est me vaincre a la course.

• Vénus pour la punir de mépiiscr sa loi,

• Vint trouver Hippomène : » Atalante est k toi;

■ Tu l'aimes, n'est-ce pas? pour counnencer la joute « Sème ces pommes dor sur le boid de ta rout(k..

• Le regard d'Alalante aussitôt lut séduit,

« Car elle oublia tout pour ramasser ce Iruit.

• Elle vit son vainqueur, et ne put se défendre

« De l'amour qu'Hippomèiie avait W. droit d'attendre; « Mais l'oracle en lions les changea dans ce jour, « Leur bonheur fut un mot, nu rôvc, leur amour. Amour! que veut dire ce mol!'... jamais je ne l'avais entendu prononcer... qu'il est doux cependant!... il flatte notre oreille, comme fait le murmure du ruisseau... qui jaillit du rocher et caresse en coulant les cailloux qu'il entraîne; mais qu'est-ce que l'amour?... Fst-ce un sentiment qu'on éprouve pour Dieu, est-ce linsiinct qui ni)us guide vers un plaisir nouveau?... estce le chant des oiseaux?... est-ce l'air (jue l'oïv respire?... e^t-ce enfin le bien ou le mal?... la joie ou la douleur?... — Maintenant, j'ai une soif ardente de tout savoir... une volonté secrète médit d'avancer, de toujours avancer;pouren apprendre davantage... Mais je m'arrête, j'ai peur... {Il jette le livre.) Non ,. loin de moi, démon tentateur... Pourquoi celle colère?... que m'a fait ce pauvre livre?... il est bien innocent du tour- UR-nt que j'endure... il est si séduisant!... Sa charmante pelile enveloppe dorée semble dire : regarde-moi, comme je suis joli... j'ai mis mes plus riches habits pour te plaire, pour te forcera me lire... coquet, va !... Mais non, je ne le toucherai plus... Non î {Apercevant Candide.) Quelqu'un sous ce bosquet!... La jolie petite créature !... Serait-ce quelqu'esprit céleste... Mais, j'y songe... mon conseiller me dira peut-être... j'avais juré de ne plus y toucher pourtant !... une fois encore, cl puis après, j'en finirai avec lui... (/î lit.)

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