‹ La course dans l'auroreChapitre 21 sur 39 · VOUS QU’EN RÊVE J’AI CONNU · texte numérisé non relu

VOUS QU’EN RÊVE J’AI CONNU

Ovous qu’en rêve j’ai connu,

O vous le mieux aimé des hommes, Pourquoi n’êtes-vous pas venu Vivre sur la terre où nous sommes ?

Je vous ai cherché dans le thym Où je vous rencontrai en songe.

Pourquoi faut-il que le matin Au néant de tout vous replonge ?

Par où nous avons cheminé,

Dans la même rêveuse allée,

Je suis, mon irréel aimé,

Pour vous revoir, dès l’aube allée.

J’ai cherché la trace des pas, Que nous avions faits côte à côte, Et je vous ai tendu les bras Afin que vous baisiez votre hôte.

J’ai demandé au vain écho La douceur de votre murmure, Cherché votre profil si beau Dans les ombres de la ramure.

Où nous avons passé tous deux,

En nous serrant l’un contre l’autre, J’ai repassé, cœur anxieux,

Et n’ai point retrouvé le vôtre.

Vous me l’aviez pourtant donné, Demandant le mien en échange, Pous vous, j’aurais tout pardonné, De moi, vous auriez fait un ange.

ô vous qu’en rêve j’ai connu

Jamais homme, sous le soleil N’eût joui d’un amour plus tendre. . .

Idéal aimé, le réveil Au néant vous a fait descendre.

Oh! si vous pouviez revenir,

Vision fugitive et brève,

A jamais, je voudrais dormir Et passer cette vie en rêve.

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