‹ La course dans l'auroreChapitre 26 sur 39 · SAGESSE · texte numérisé non relu

SAGESSE

Si tu veux, nous fuirons au bois, loin du vulgaire, Pour y voir reverdir les arbres dégarnis.

Le soir apaisera nos deux âmes de guerre Et bercera nos cœurs à la chanson des nids.

Les oiseaux se feront la cour dans les érables, Petits couples grisés de printemps et d’odeur; Les femelles auront des poses adorables, Empreintes d’abandon, d’amour et de candeur.

Nous écouterons l’eau qui descend des montagnes,

Avec un bruit de fifre et de gais tambourins,

Et nous observerons le réveil des campagnes,

Du regard réfléchi et grave des marins.

Nous verrons le soleil s’endormir, pour renaître Dans une apothéose ardente de rayon,

Les troupeaux qui s’en vont dans les plaines pour paître, Le pasteur invoquant l’enfant Septentrion.

Les nymphes, que le jour de ses reflets attire,

Feront des signes ronds sur l’écorce des bois,

Afin d’orienter l’impétueux satyre Qu’elles agaceront de reculs et d’effrois.

Tous deux nous bâtirons en secret notre gîte,

A l’ombre des sapins, au penchant des coteaux.

Pleins d’un sage mépris pour tout ce qui s’agite,

Nous aurons, ce printemps, la paix des végétaux.

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