‹ La course dans l'auroreChapitre 28 sur 39 · LA VISITE · texte numérisé non relu

LA VISITE

Vois-tu la Nuit venir, les pieds dans la bruyère, La lune rêver doucement ?

Tout à l’heure, l’Amour visitera la terre. . .

Viens! Allons dehors un moment.

Viens! Nous nous assoierons au seuil de notre porte, Les yeux fixés dans le lointain,

Et nous observerons la paix que l’ombre apporte Sur les branches et dans le thym.

Quand l’Amour paraîtra, nous voyant côte à côte,

Et sur le seuil assis sans bruit,

Gravement, sans frapper, ainsi qu’un ancien hôte,

Il entrera passer la nuit.

Alors, nous fermerons la porte sur la rue,

Et sur les bruits confus du soir,

Empressés et tremblants, pour fêter la venue De ce grand hôte, notre espoir.

La nuit retournera dans son pays de songes,

Avec les étoiles, ses sœurs,

Mais l’Amour, tout heureux qu'on croie en ses mensonges, Restera pour griser nos cœurs.

Et, certain soir, tous deux, pareils aux autres hommes, Egoïstes et peu constants,

Nous nous étonnerons, sachant qu’ainsi nous sommes, Qu’il veuille rester si longtemps.

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