‹ La course dans l'auroreChapitre 29 sur 39 · SÉRÉNADE MÉLANCOLIQUE · texte numérisé non relu

SÉRÉNADE MÉLANCOLIQUE

A M . Louis Damin .

Berce de chimères ancestrales,

A l’abri des Ecueils, des Rafales, Mon cœur voguait sur des mers d’opales,

Sur de blondes Méditerranées,

Voguait vers les îles fortunées Où naissent les riantes Années.

Contemplant l’aurore qui s’ébroue Dans les flots, une rose à la joue,

Ma jeunesse chantait à la proue,

Se berçait aux fraîches cantilènes, Apprises des femmes de nos plaines, Quand les Mélancolies, ces Sirènes,

Des rivages de la mort venues,

Par de monotones avenues,

Sur mes frêles barques ingénues,

Ont soufflé leurs haleines glacées. . . Depuis lors, mes tristes insensées Vont à la dérive, dispersées,

Lourdes d’espérances surannées,

Loin, bien loin des îles fortunées Où fleurissaient les vertes années.

Au souffle des Névroses fatales,

Mon cœur chavire en des mers d’opale Chargé de Chimères ancestrales.

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