PRINTEMPS
Suslime douceur du temps!
Voici que naît le printemps!
Souffles indéfinissables, Chauffant la terre et les sables, Crépitement de l’azur,
Elan fougueux, jeune et pur, Qui naît dans les vertes sèves, Rajeunit l’âme des grèves.
Tout est soyeux, clair, vermeil, Le ciel, un gâteau de miel,
Les oiseaux, ivres de brises,
De parfums roses et gris,
Semblent à l’espace pris Comme les nymphes aux frises.
Par tous les riants chemins, Accourt, bondit la lumière,
Déesse claire et première,
Avec du soleil aux mains. . .
Oh! que cette heure est troublante, Et nue, et vive, et chantante!
Que tout est blanc, rose et vert!
Ardents, le bec grand ouvert,
La grive, le gai pivert,
Le merle gris, l’alouette,
Et la stridente fauvette Sont les joyeux soprani De ce concert infini.
Bondissants comme des balles Au tintement des cymbales, Qu’agite le vif printemps,
Nos cœurs fougueux, palpitants.
Chantent, sautent dans la danse.
Tambourinent en cadence,
Grisés du magique vin,
Que verse l’Eros divin.