ACTE I, SCÈNE HI
à laquelle vous consulteriez votre mère. Cette date était celle où vous entreriez dans votre dix-hu£tièO}e,année.
mpruner, je n ai plusse sentiment de 1 échéance a çfeni Je ne vois plus cette Mme que vous avi"~ ■*—-'■-
mon impatience, ainsi qu'une sorte de fétiche.
Marie- Jeanne. Mon cher Didier, si après notre conversation, j'en ai quelque temps gardé entre nous le secret, c'est que je n'ai pas voulu émouvoir mère, à mon sujet, avec une promptitude au 'elle aurait pu déclarer irréfléchie. 10 Je serai désormais enctroit de lui répondre, sincèrement, que j'ai consulté tout ce que j'ai de raison, et tout mon cœur.
Didier. Oh ! vous ne m'aviez ençorepermis qu'un peu d'espoir ! Avez-vous bien pèsele sensdeânitif, l'engage- i$ ment formel qu'il y a dans vos paroles?
Marie-Jeanne. J'obéis, en effet, à un peu de superstition, en me prononçant plus tôt que je ne devrais, et en voulant faire commencer notre union dès maintenant, pour ainsi dire. . . Oui, cet anniversaire de ma naissance 20 que, d'ausii loin qu'il m'en souvienne, l'on me fête avec des âcTeaux, des fleurs, dans un cercle d'amitiés, oui, ce jour, je me suis accoutumée à le regarder venir, chaque année, comme mon jour favorable. Voilà pourquoi je l'avais choisi entre tous pour m'y faire accorderLvous, et 35 c'est aussi pourquoi je n'y ai pas résisté aTflan deme promettre.
DroiER. Vous me rendez fou de joie ! Je voudrais tomber à genoux, crier mon bonheur !
Marie- Jeanne. Chut ! ... Ce soir, dès que nos invités 30 seront partis, je parlerai à mfft" de fa;on à la convaincre.
Ipiui 1 :*. oi, je pars tout
Marie- Jeanne. Qui vous presse?
Didier. Ah ! je ne saurais plus, à cette heure, faire la (ersation de personne. J'aurais, plutôt envie de bousrTimportun qui peut survenir. . '. Je vous emporte en "s moi. Je serai plus avec vous, mieux avec vous, tout seul, dehors, à marcher au hasard, dans l'ivresse de l'espérance. . . et des appréhensions !
Marie-Jeanne. Ne craignez rien. Mère vous aime bien. Et moi, je vous aime.
«o Didier. Marie-Jeanne, jurez-moi qu'avant deux mois nous serons mariés !
Marie- Jeanne. Oui ! ... oui !.. .
Didier. A bientôt !
Marie- Jeanne. A demain I (Didier lui baise la main iS et sort par la droite.)