Scène IV
-j Makie-Jeanne, LÉopiE, entrant par le fond. Cette dernière est en codage montant et en jupe demi-courte.
LÉONiE. Je te cherchais pour causer un peu avec toi, avant de m'en aller.
Marie- Jeanne. Comment, Léonie ? tu t'en irais déjà ?
Léonie. Tu sais combien maman est toujours pressée ao d'arriver au bal ! Si ce n'était que moi, je n'aurais guère le goût du monde. . . dans des toilettes comme celle-ci I . . . C'est pourtant à force de danser des cotillons que me voici en passe de me marier, peut-être. Mais quelle humiliation qu'il me faille expliquer à chaque valseur que 35 j'aurai bientôt dix-neuf ans ! (Indiquant son corsage fermé.) Ça ne se voit pas I
Marie- Jeanne. is déclarer que puisqu'il en
est ainsi, tu préfère aï'tqi. ■ ■' .-.
VCTE I, SCÈNE V
Léonte. Papa m'en empêche. Il défend à maman d sortir, le soir, sans moi!
M abie- Jeanne, Léonce, Madame Ponthionne en toilette plus jeune que son âge, Jikbin
Marie- Jeanne, d'un signe discret à Léonie, désignant les deux personnes qui entrent par le fond. M. Jirbin n'a donc pas encore fait demander ta main à Mme Ponthionne? s
Léonie. Il n'ose pas, croîs-tu ! Maman lè^jàralyse ! {Marie- Jeanne et Léonie continuent de s'entretenir tout bas.)
Madame PoHrmoNtŒ^en haute coquetterie, à Jirbin. H y a dans vos allures à mon egardquelque chose de mystérieux, une timidité, qui me charment. Les femmes subis- 10 sent un entraînement vers ceux par qui elles se sentent respectées. . . excessivement. Vous, il me semble que vous soyez toujours sur le point de mèT3éclarer. . . je ne sais quoi. . . et qu'une délicatesse vous retienne. Je ne vous demande pas votre pensée ! Je serais peut-être forcée de ij me fâcher si je la connaissais.
Jirbin. Oh ! madame ! je ne pense qu'à vous inspirer la plus grande confiance en moi. . . Mais si attentif que je sois à me faire convier dans les maisons ou je devine que vous accompagnerez votre fille, mes entretiens avec vous ao sont chaque fois bien courts à mon gré. . .
Madame Ponthionne. Imaginez-vous une possibilité de nous voir autrement?
JmBm. Autorisez que je fréquente souvent votre maison. Aeréez-moi comme ami, d'abord. . .
__. iSÀDà NTmoNNE. Et ensuite?
t il ite. . . Un jour. . . si vous daigniez y con-
/ me recevriez comme futur gendre.
Madame Ponthionne, dépitée. Plaît-il ? Vous ? . . .
Ma fille? Excusez-moi, je n'ai pas encore été habituée
à voir cela venir. Je ne sais que vous dire. . . Je ne. . . je. . .
Les Mêmes, Béatrice, entrant par le fond, en grande toilette de jeune fille comblée.
Marie- Jeanne. Toi aussi, Béatrice, tu vas au même 5 bal que Léonie?
Béatrice. Je vais à deux bals. Et j'en ai trois demain.
Les Mêmes, Madame Gribert, entrant par le fond et mise avec une extrême simplicité.
Madame Gribert. Ma petite Marie-Jeanne, veux-tu bien dire qu'on prépare le manteau de Béatrice pour qu'elle ne se refroidisse pas dans l'antichambre?
o Marie- Jeanne. J'y vais, madame. . .
Madame Ponthionne, à Marie-Jeanne. Pendant que Mme Gribert vous envoie, occupez- vous aussi de nos manteaux.
, Scène Vin
Madame Ponthionne, Léonie, Madame Gribert, Béatricx |\ Béatrice, à Mme Gribert. Maman, recoiffez-moi un
! Madame Gribert. Je crois bien, mon angCy,i Itbi là. (Mme Gribert s'emploie à attifer sa fille.) . . ..." ■., Madame Ponthionne, à Léonie. Regarde ai mari