‹ La course du flambeau: pie?ce en quatre actesChapitre 31 sur 83 · ACTE I, SCENE XVII $V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE XVII $V

mêle pas d'aller, par le monde, faire la dame, quand, à la fin de ses cours de l'année, on ne connaîtra encore l'histoire de France que jusqu'en 1610,

Marie- Jeanne, à Mme Fontenais. Je vous demande de nous dire à quel âge mère s'est mariée? S

Madame Fontenais. Eh ! Eh ! ma mignonne, elle avait à peu près l'âge que tu as.

Marie-Jeanne. Vous entendez, mère ? IVjWv^MSt. '

Sabine. J'ai eu tort. Le triste sort de mon ménage, par la suite, n'a que trop juptifiéJeB conseils de temporisa- 10 tîon qui me furent alors proa^ues^

Madame Fontenais. Inutilement. . . {A Marie- Jeanne.) Il faut, pourtant, petite, que je te fasse envisager certains côtés sérieux auxquels tu n'as sans doute pas songé: la position sociale de Didier n'est pas encore éta- 15 blie. Ce serait sage d'attendre qu'il soit entré dans la voie de la prospérité.

Marie- Jeanne. Vous voudriez que je le laisse à présent se débattre tout seul, que je m'abstienne prudemment de m'associer aux diffi cultés de ses débuts. Et, quand il io aurait réussi, je viendrais lui déclarer: « Maintenant, j'en suis. ■ . • Ah t non ! ne m'exhortez pas à cela ! J'en garderais sur toute ma vie une gêne, une honte 1

Madame Fontenais, à Sabine. C'est gentil ce qu'elle dit 15

E, C'est en raisonnant de cette manière que je aux catastrophes.

: Fontenais. Il conviendra pour ta fille de

1 prendre que pour toi. Quand nous serons à

:ontrat vis-à-vis d'un futur, quel qu'il soit, j'exi- 30

ss biens présents et à venir de Marie-

; sous le régime dotal. {A Marie-

Jeanne.) Cela signifie que ni ton mari ni toi-même vous ne pourrez jamais toucher au capital. Sais-tu d'avance si une condition aussi rigoureuse ne rebroussera point le projet de ton soupirant ?

S Marie-Jeanne. Il signera tout, les yeux fermés. H m'a. de lui-même, exprimé le vœu qu'il ne lui fût jamais parlé d'argent à propos de notre amour. . . Grand'mère, vous causez souvent avec Didier, vous connaissez la noblesse de son caractère, la générosité de sa nature ! . . .

10 Ah ! intercédez en notre faveur ! prêtez-moi votre appui !

Madame Fontenais. Ma foi! Sabine, les objections

qui m'incombaient, pour la sauvegarde des intérêts, me

paraissent levées.

Marie- Jeanne. Mère chérie! vous qui ne m'avez

15 jamais fait de peine, faites-moi aujourd'hui tout le bien que vous pouvez 1 Mon cœur est si gros, qu'il m'étouffe ! . . . Voyez mon émotion ! Voyez mesjarmes I

Sabine. Crois-tu que je n'aie pas envie de pleurer I . . . Réfléchis, Marie-Jeanne, qu'il n'y a qu'un instant ma

20 pensée te regardait comme ma toute-petite encore, dont l'âme était emplie par mon amour pour toi, par ton amour pour moi. Et, subitement, tu me sommes de jouer mon dernier rôle dans ton bonheur 1 II ne m'appartient plus que de l'empêcher, ou bien d'en charger dorénavant un

25 étranger! Tu me frappes de cette révélation que mes baisers, mes caresses, le tendre nid où je t'ai m tout cela ne te suffit plus, que rien d'ici, rien de saurait te retenir. . . Ah ! je n'avais pas prévu, tôt, cette blessure!

30 Marie-Jeanne. Mais je vous aime toujours ■/

Je ne mérite pas de reproches aussi en» - • pelle, ma petite mère, à vos propres sou

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