‹ La course du flambeau: pie?ce en quatre actesChapitre 43 sur 83 · ACTE n, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE VI

Madame Fontenais. Sabine ! . . . Comment me parles-tu?

Sabine, reculant. Oui ! ... je viens de vous manquer & de respect ! . . . C'est que, dans ce premier désaccord entre [] nous, je ne vous reconnais pas. Et je ne me reconnais Ek plus ! (Mme Fontenais sort par la porte du jardin.)

Sabine, Marte-Jeanne, puis Masavon, entrant par la porte des appartements.

Marte- Jeanne. Ah ! mère !

Sabine, la prenant dans ses bras. Ma petite ! . . . Ma pauvre enfant!

Marie- Jeanne. Ce n'est pas moi qui suis intéressante, 10 c'est Didier. . . Que de mauvais sang il se sera fait en ^xacMjfeTu&mine il est courageux ! comme il est tendre ! Où est-il? C'est encore son terrible travail qui l'aura réclamé, et qui m'empêche de me jeter à son cou ! . . . Enfin, puisque nous savons tous la vérité, il touche au 15 terme de ses maux. . . Vous l'avez réconforté?-; ^

Sabine. Quand il est parti, mon entretien avec ta grand'mère n'avait pas encore eu lieu.

Marie- Jeanne. Les choses sont arrangées?

Sabine. Non ! . . . Maman m'a opposé un serment que ao mon père mourant a eu, paraît-il, la prudence de lui dk+m" v £llene donnera aucune commandite. Je me suis . ë a unformel refus.

bavon. Diable !

rie-Jeanne. Ma petite mère, quand un vaillant et 25

*« homme, tel que Didier, recourt à sa famille, ce

si «rfe possède, on le lui doit !

Sabine. Mes instances n'ont réussi qu'à faire quitter la place à ta grand'mère. Elle s'est retranchée dans son obstination, par là-bas. Mais, je ne te conseille pas de la relancer à ton tour, je la sens irréductible ! . . . s Maravon. Alors, c'est la catastrophe.

Marie- Jeanne. Mère, vous empêcherez cela! Voua n'allez pas abandonner Didier. Qu'est-ce que vous allez faire? Trouvez ! . . . Dites ! . . .

Sabine, à Maravon. Voyons ! Quoique je n'aie aujour- 10 d'hui aucune fortune à ma disposition, je représente toutefois, dès à présent, ce que j'aurai, — je viens d'y penser, — quand maman sera morte. /6ftiA* u ^'

Marie- Jeanne. Mais oui ! vous pouvez emprunter I

Maravon. Vous n'obtiendrez pas d'argenL puiçene 15 serait que chez les usuriers, et en quantité dérisoire. On vous expliquera que Mme Fontenais peut .prendre en faveur de sa petite-fille des/dispositions qui frustreraient, plus ou moins, votre creariclèrT^On vous objectera surtout que, si vous mouriez avant votre mère, vous n'auriez jaîo mais hérité, et qu'en ce cas, il n'y aurait plus personne, ni rien, pour payer votre dette.

Marie- Jeanne. Mais, je peux, de mon côté, garantir la signature de ma mère. On ne prétendra pas, sapristi ! que grand'mère va nous enterrer toutes les as deux.

Maravon. Vous hériterez, vous, sous le régime dotal. Ce que vous auriez reconnu devoir, c'est la loi elle-méi qui vous interdirait de l'acquitter. Votre signatu; s vaut donc rien non plus.

3° Marie- Jeanne. Mon Dieu! Être incapable de rac l'âme en peine qui se tourmente là-bas, qui, je le sen tourmente surtout pour moi I

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