ACTE n, SCÈNE vu
fi : moi. Mais je m'affole à l'idée que nous
i is à rien, que je vais reparaître devant mon
] ïams vides, au heu de pouvoir lui dire: « Es-
j de, il y a déjà ceci de fait. » Alors, songeant
i exagéré que, dans un autre temps, vous avez s
i ccomplir, je ne puis m'empêcher d'apercevoir
qu'il rcombc, à présent, sur ma destinée.
Sabine. Assez, Marie- Jeanne. Du moment que tu en juges ainsi, c'est bien. Je vais essayer de réparer, vis-à-vis de toi, la faute que tu m'attribues. 10
Makie- Jeanne. Ah ! chère mère, je ne saurais regretter mes paroles, puisqu'elles me valent d'avoir à vous remercier une fois de plus. . . L'une et l'autre, nous ignorons quelle chance vous avez de réussir. Mais, parmi les vœux que je forme, il en est un qui me vient, pour la ré- 15 compense de votre peine.
Sabine. J'ai pris le parti d'agir, sans plus d'espoir d'être jamais récompensée.
Marie-Jeanne. Permettez-moi pourtant de vous dire la petite idée que votre agitation, tout à l'heure, le son de 20 votre voix, m'ont inspirée. Cet ami, plus cher que je ne m'en doutais, auquel vous aviez renoncé par tendresse maternelle, c'est peut-être votre fille, en vous contraignant à écrire cette lettre, qui va vous le ramener. . .
Sabine. Tu imagines que Stangy pourrait revenir? 35 t ■— s-tu chercher une pareille supposition ? Quelle dé- I . . . J'admets qu'il ne m'en veuille plus, qu'il se jbligeamment à fournir une solution pour les em-
dont je l'aurai informé. . . Mais c'est tout !
rupations sont organisées. Nous ne savons rien 30 îoses qui, depuis quatre ans, ont traversé sa Lui, revenir?... Ah! si par impossible, il dé-
barquait, pour rien au monde je ne voudrais qufil me revoie ! . . . )
Marie- Jeanne, lut présentant un miroir. Et pourquoi donc? Vous êtes toujours la même, toujours aussi jeune,
; aussi charmante qu'au temps où il était là. . . '. - *
Sabine, reposant le miroir sans avoir voulu s'y regarder. Comme tu t'illusionnes sur ta mère, ma pauvre chérie 1 Va, tu ne me feras pas croire que je n'ai pas changé ! . . . Ne me parle plus. Laisse-moi lui écrire froidement, nette-
> ment et de façon à ce qu il soit persuadé que je ne le rappelle pas. . . < Mon cher ami. . . » Non. (Elle froisse une première feuille de papier.) « Mon cher Stangy. . . » (Elle. paraît méditer les termes de sa lettre; elle étend la main vws le miroir, et, après s'y être regardée, timidement:) Alors, tu 5 que je n'ai pas trop changé ?