acte m, SCÈNE rv
médecin, qu'il serait urgent d'extirper. » Ma belle-mère et moi, nous écoutions, consternés, nous nous regardions désespérément. Comment faire ? Nousnepouvionspascompter sur un miracle. . . Et pourtant, le miracle s'est produit ! Maxavon. Que veux-tu dite?,' S
Didier. Nous avons veillé 'Marie-Jeanne jusqu'au petit jour. A ce moment, ma belle-mère se retira pour prendre un peu. de repos. . . Vers huit heures et demie, lorsque mon courrîbr venait, de mon côté, de m'être remis, Mme Revel rentra soudain auprès de sa fille. Elle était 10 visiblement émue. Elle enlaça ma femme et lui dit, d'une voix entrecoupée: « Sois heureuse ! Ne te fais plus de mal! tout s'arrange. Didier aura l'argent de son concordat. » Cette locution de droit, faite pour la bouche des juges-commissaires et pour l'oreille des syndics, voici 15 des jours et des jours que ma pauvre chère femme l'articule et l'écoute comme un mot d'amour. En entendant cela, elle s'était transfigurée. Elle aspirait, et j'aspirais aussi, à en apprendre davantage. Mais ma belle-mère nous a opposé une mystérieuse discrétion. Toutefois, elle 20 n'a pas nié, elle n'a pas haussé les épaules, quand Marie- Jeanne se fut écriée joyeusement: « Vous avez reçu la réponse de M. Stangy ! Ah ! vous voyez que mon idée ^tait bonne! Que je m'en félicite! que je suis contente I ... 1 Mme Revel, qui ne consentait pas à s'ex- as pliquer, s'est libérée des étreintes de sa fille par cette phrase magique: • Laisse, que j'aille chercher nos cent mille francs ! 1 Et là-dessus elle est sortie depuis près de deux heures. Tu devines avec quelle impatience nous att uns son retour! 3°
'euhe de Chambre, entrant. Monsieur le docteur
Didier. Faites-le entrer chez ma femme. J'y vais.
(La femme de chambre sort.) Tu m'excuses?
Maravon. J'attends l'avis qu'il va formuler. (Didier
sort.)