‹ La course du flambeau: pie?ce en quatre actesChapitre 53 sur 83 · ACTE m, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE V

semblions ici à une famille d'Atrides, j'ai entendu uuw donner en moi, sous un effet de vertige, une conversation que nous eûmes jadis ensemble dans ce même salon. Vous prétendiez alors que les principes de la nature imposaient aux parents, bon gré, mal gré, de se dépouiller s "eux-mêmes, en faveur des enfants. Çh\ tandis que je vous réentendais, je voyais ma fille MaJMmen joignant ses mains suppliantes, je voyais maman Tronce? les sourcils, 'nrorore sa lèvre, et faire non, toujours non. . . Ha ! ha-1 ha ! il y avait loin entre vos théories et l'appUcation ! 10

Maeavon. Je ne défends pas Mme Fontenais. Je ne l'attaque pas non plus./ Je vous réponds seulement qu'elle u. est vieille, qu'à son âge de femme chez qui les sources de 1/ maternité sont taries, elle est i déshumanisée. . . » Chez m les vieillards, il s'établit, en quelque sorte, un silence pro- il gressif des voix de la nature. . . Ne 1 condamnez pas Mme I Fontenais; comprenez-la!

Sabine. Comme cela, votre philosophie est imper- \ turbable! Vous vous expliquez tout tranquillement, vous, qu'une grand'mère s'en tienne envers sa petite^Ueipj. à cette ajjmomTdu pain et du gîte que l'on fait au che- \ **ft mineau, qui vient d'on ne sait où, et qu'on ne reverra plus.

• Maravox. Les vieilles gens, je vous le répète, sont d'ordinaire ainsi faits. Ces têtes sur lesquelles il a neigé, 35 «s forces gelées sont les glaciers avares, les centres d'économie d'où l'argent ne s'échappe qu'en minces filets, comme la repartition de l'eau par les montagnes. Vous changer cet ordre fondamental des choses.

Drs, pourquoi maintient-on la jouissance de 30 ;ts humains aux êtres qui n'ont plus toute itiments humains? . . . Est-ce qu'en bonne

■■-â^.*'. LA COURSE DD FLAMBEAU

justice l'inhumanité sénile de ma mère ne devrait pas m'autoriser à la faire inïeîffife, à la déposséder, à prendre f' sa place dans ses biens dont je ferais un salutaire usage? : N'est-ce pas monstrueux que l'eSsoîae jeunes existences Y s soit captif de cette volonté qui touche à son terme, et que J leur avenir palpitant agonise dans ces vieilles mains déjà \ presque froides?... Dites que c'est intolérable I Dites 1 que contre cela tout est permis ! . . . Dites ! Dites donc ! :avon. Mon amie, ma pauvre amie!

putièzSTavoir été mauvais prophète le jour où je vous disais que la piété filiale ne résiste pas à l'épreuve. Et aujourd'hui que le destin vous éprouve, votre âme civilisée redescend soudain au niveau des Peaux-Rouges. Je vous entends parler des vieilles mains de votre mère avec le même esprit qu'on a chez ceux qui font monter à llvbre Ile. chef de famille, et le secouent pour voir sjil . se cram- «. |ponne encore ou s'il n'y a plus qu'à lTmattrer ( j ti

Sabine. Non, ne me faites pas croire que j'envisage l'idée de la mort de maman. . . Oh ! non ! . . . C'est un so malheur auquel je ne suis pas préparée I ... Je n'en suis pas là!

Makavon. Si vous n'en êtes pas là, où en fites-vous déjà?

Sabine. Plaît-il? Votre ton est singulier. . . Pourquoi* 25 sonoez-vous mes yeux de la sorte? Ce n'est pas la peine de me demander ce que j'ai fait, si vous le devinez)

Maravon. Je ne devine pas. . . je. . .

Sabine. Allons donc, vous lisez en moi ! Vous venez de me traiter de sauvage. Qu'est-ce que font " 30 quand le besoin commande et que la chi portée ? ... Eh bien ! oui ! j'avais cru que 1 son dernier souffle. J'avais aidé à transpo:

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